La chronique du week-end #14 – Des révolutions sur le feu…

Crêpes de la Chandeleur

Crêpes de la Chandeleur

Peu de chances que cela vous ait échappé, de l’autre côté de la Méditerranée, ça bouge. En Tunisie d’ores et déjà, et vraisemblablement en Égypte d’ici peu, les régimes sautent et les situations se retournent. Ça ne vous rappelle rien ? Quelque chose qui saute et se retourne quand on a allumé le feu ? Et oui… les crêpes ! Parce que c’est bien joli l’émancipation des peuples épris de liberté, mais n’oublions pas non plus les choses essentielles : mercredi, c’est la Chandeleur.

Alors je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je suis un peu une bille en fêtes. J’ai donc foncé bille en tête faire quelques recherches sur le net. Et je vais résumer un peu ce que j’ai pu trouver. Parce qu’en plus d’être le jour des crêpes, la Chandeleur, ça représente un certain nombre de choses. Et ce n’est pas inintéressant. Donc une fois n’est pas coutume, on va se cultiver un peu.

Évidement, ce qui va toucher le plus de gens aujourd’hui, c’est la signification chrétienne. Donc voilà, l’histoire dit que quarante jours après sa naissance, à Noël, le petit Jésus a été présenté au Temple, à Jérusalem. Pourquoi quarante ? Je ne sais pas. Ils étaient peut être surbookés, au Temple. Ou en vacances au ski. A moins que ce soit simplement une question de rite hébraïque. De vous à moi, peu importe. On retiendra juste qu’il se passa autant de jours que ce qu’il y a de cocus dans la marine selon Pagnol… quarante.

Le Temple a donc vu le petit Jésus. On a dit que c’était un beau bébé, qu’il avait les yeux de sa mère, qu’en revanche il ne ressemblait pas des masses à son père mais que quarante jours, en même temps, c’était encore un peu jeune pour juger. Et Saint Syméon, emporté par l’élan, l’a annoncé comme la lumière qui allait porter la révélation aux Païens. Bonjour la pression quand même. Imaginez. De nos jours on débat pour savoir s’il faut donner aux gosses des notes, de peur de les traumatiser. Et lui, à peine plus d’un mois, v’la t’y pas qu’il doit porter la révélation… On ne s’étonnera pas que des années plus tard, sans doute pour noyer la déprime que lui aura causé tout ça, Jésus changeait la flotte en pinard. Passons. Toujours est-il que du même coup – un mois et demi pour un rendez-vous, vous pensez qu’ils n’allaient pas revenir… -, sa mère Marie, pourtant toujours vierge si j’ai bien compris l’aventure, est purifiée. Oui, c’est un peu compliqué, je ne vous le cache pas. Enfin on passera sur les détails si vous le voulez bien, moi je fais juste une petite synthèse.

Voilà donc ce que représente la Chandeleur pour les chrétiens. Mais, derrière une fête chrétienne, se cachent souvent des fêtes païennes aux origines plus anciennes que l’église a en quelque sorte cherché à remplacer. Et ce cas là ne fait pas exception.

L’origine latine de ce terme Chandeleur, c’est semble t-il la festa candelarum. Autrement dit, la fête des chandelles, qu’on allume traditionnellement à l’occasion. Imbolc chez les Celtes ou les Lupercales chez les romains, célébraient, grosso-modo, la purification, la fertilité de la terre et la fécondité des troupeaux au sortir de l’hiver, et par extension la prospérité. Reconnaissons le, ça ne mange pas de pain. Moi qui suis contre la faim et pour la paix dans le monde, je suis bien placé pour vous le dire. Enfin notons aussi que c’est beaucoup plus terre à terre quand même, pour peu qu’on ait compris qu’après l’hiver vient le printemps et que végétaux et animaux “renaissent”.

Tiens, tiens… Fin de l’hiver et début d’une renaissance ?… Non, je ne referai pas de parallèle avec ce qui se passe sur les rives d’Afrique du Nord. Deux fois dans le même billet, ça serait un peu trop. Mais qu’il soit permis à mon esprit tordu d’y songer quand même.

Ainsi donc, fête païenne à l’origine, la Chandeleur est devenue par la suite chrétienne, en 472, sous l’impulsion du Pape Gélase 1er. C’était la dernière fête païenne en vigueur. Victoire de l’église. Cela dit, tout ça ne nous apprend rien du rapport avec les crêpes. Et bien venons-y.

C’est assez simple en vérité, à supposer qu’on puisse se fier à ce que j’ai trouvé sur la toile. Les fêtes de la Chandeleur attiraient moultes pélerins à Rome. L’histoire raconte que ce sacré Gélase, réconfortait les pélerins avec ces fameuses crêpes. Et la tradition serait partie de là. Vous allez me dire… c’est tout ? Bien sûr que non. L’ingrédient principal des crêpes, qu’est ce que c’est ? La farine de froment. Et si j’ai bien tout compris, quand se termine l’hiver et qu’il reste du stock de froment, on est relativement assuré d’être tranquille jusqu’à la moisson suivante. Alors, pour ne pas qu’il moisisse… et bien on fait des crêpes. C’est aussi bête que ça.

Donc pour résumer un peu, la Chandeleur, c’est un peu la fête de l’hiver qui touche à sa fin. Évidemment il faut le dire vite. L’hiver en vérité, il se termine fin mars. Mais il faut voir la chose comme un encouragement pour le printemps, vous voyez… Une manière de lui signifier qu’on est tous avec lui… Que cette année encore, il peut le faire.

Après… il existe d’autres hypothèses “amusantes” pour expliquer l’origine de la Chandeleur. Notamment une, l’hypothèse de l’ours. A l’époque de l’Antiquité, un véritable culte était voué à cet animal. Il faut dire qu’il en impose quand même. Ainsi donc, aux alentours de janvier – février, on célébrait la fin de son hibernation. Cela se traduisait par des déguisements et des simulacres… de viols et d’enlèvement de jeunes filles. Du meilleur goût n’est ce pas ? Quelque chose me dit qu’on aurait quelques difficultés à organiser ce genre de célébration à notre époque. En pleine affaire Laëtitia, ça ferait tache.

Cependant, une version dérivée de cette célébration de l’ours a toujours cours chez nos amis d’outre Atlantique. En effet là bas, la Chandeleur correspond au jour de la marmotte. La tradition veut que ce jour là, la marmotte pointe son nez dehors pour évaluer le temps prévisible pour les semaines à venir. Ainsi, selon Wikipédia : “Si elle émerge et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, l’hiver finira bientôt. Par contre, si elle voit son ombre parce que le temps est lumineux et clair, elle sera effrayée et se réfugiera de nouveau dans son trou, et l’hiver continuera pendant six semaines supplémentaires.”. Pas idiote la marmotte. Les choses, ceci dit se terminent toujours de la même façon… incapable qu’elle est de tenir une grève de la faim digne de ce nom, elle finit par sortir pour grailler. Pas idiote peut être… mais la marmotte n’a pas le sens des luttes.

Toujours est-il qu’un certain nombre de coutumes entourent la Chandeleur. On dit qu’une pièce d’or dans la main, quand on fait sauter la première crêpe, assure la fortune pour l’année. J’ai l’intime conviction que c’est du bluff. Mais pourquoi pas… Certains font sauter cette première crêpe sur une armoire. Et parait-il elle ne moisit pas. Essayez donc, vous me raconterez… Les crêpes c’est facile à faire, pensez-y donc mercredi. Et si vous les achetez toutes faites, méfiez vous des contrefaçons. Les crêpes de Chine par exemple, c’est pas bon.

Voilà voilà. J’espère que ce petit cours vous aura plu. C’est un peu décousu, j’en conviens. Mais j’étais particulièrement à l’arrache… encore. Du coup je n’ai fait que survoler le sujet. N’hésitez pas à m’envoyer vos compléments… on n’en sait jamais trop. Je me rend compte par exemple, qu’en parlant de crêpes, je n’ai pas la moindre idée de qui est Suzette. Et bien… savez-vous quoi ? Je vous pose la question…

La bande dessinée du jour – Nous ne serons jamais des héros (Salsedo / Jouvray)

Nous ne serons jamais des héros (Salsedo / Jouvray)

Nous ne serons jamais des héros (Salsedo / Jouvray)

Nous ne serons jamais des héros” est sorti en juin dernier et trône depuis lors dans ma bibliothèque. Je viens de retomber dessus, et je me suis dit qu’il avait sa place ici.

Mick a trente deux ans. Glandeur de profession, entre deux courtes missions d’intérim, il passe le plus clair de son temps devant sa télé à regarder des documentaires sur tout et n’importe quoi. Ses projets ? Aucun. Son horizon ? Bouché. Mick est ce qu’on a coutume d’appeler un perdant.

Un jour, il reçoit un coup de téléphone de son père, Charles. Acariâtre depuis l’accident qui a coûté la vie à sa femme et l’a laissé invalide vingt cinq années auparavant, déçu par la vie que mène son fils, celui-ci n’appelle généralement que pour annoncer de mauvaises nouvelles. Et cette fois encore, ça ne manque pas. La grand-mère de Mick vient de décéder.

L’ailleule enterrée, la maison vendue, Charles se retrouve à la tête d’un petit pactole. Lui qui n’a jamais vraiment eu de rapports avec Mick, qu’il considère ni plus ni moins comme un bon à rien, va alors lui proposer un marché : l’assister au cours d’un grand baroud au tour du monde, sur les traces de son passé, contre une partie de l’argent. Père et fils vont donc faire leurs valises, et prendre la route. Ce grand voyage sera une occasion unique pour les deux hommes d’essayer de se comprendre, et de San-Fransisco à Helsinki en passant par le Vietnam ou le Maroc, le chemin sera long. Exaspéré par le manque de curiosité et de culture de son fils, Charles tentera malgré tout de lui transmettre un peu de sa passion. Et Mick, incontestablement, en sortira grandi…

“Nos parents n’ont pas connu la guerre mais ils ont eu les couilles de faire la révolution, ce sont les héros de 68… Nous, on n’a ni guerre ni révolution à faire. (…) On sera jamais des héros, faut faire le deuil de ce vieux fantasme. On doit réussir notre passage sur terre d’une autre manière.”

Belle illustration du fossé qui peut séparer deux générations, “Nous ne serons jamais des héros” est une histoire touchante, souvent émouvante – mais loin de moi l’idée de dévoiler des secrets… -, très bien servie par un graphisme simple mais soigné. La réalisation est aussi une histoire de famille, puisque ce sont deux frères, Frédérik et Greg Salsedo qui assurent respectivement le dessin et la couleur, alors qu’Olivier Jouvray signe le scénario.

Ce n’est pas compliqué, embarqué comme j’ai été par cet album, j’ai adoré. Et, donc, bien évidemment, je recommande.

La chronique du week-end #13 – Et là, c’est le tram. Belsunce breakdown.

Tramway (Marseille / Cours Belsunce)

Tramway (Marseille / Cours Belsunce)

Vendredi, dernier moment, page blanche, tout ça… Pour un peu ça deviendrait presque une habitude. Que voulez-vous, c’est bien beau de se fixer l’objectif d’une chronique hebdomadaire, mais il faut bien réaliser à un moment donné que ça implique d’écrire chaque semaine. Et ça, ça fait mal. Enfin, pas de panique… encore une fois, ça tombe relativement bien… j’ai un gros coup de gueule à passer. Et vu comme je vois rouge, ça va encore balancer sévère.

Oui, bon, j’en fait un peu des caisses. En vrai la chose ne m’atteint qu’à peine, tant il est vrai que mon flegmatisme tranquille n’est pas dénué de placidité. Mais s’il en était autrement… soyez assurés  que j’aurais déjà entamé la tournée des torgnoles. Parce que si je suis tout disposé à convenir que la vie n’est pas grave… vient un moment, tout de même, où on pourrait envisager de cesser un peu de déconner.

On lutte tous un peu à notre manière contre la connerie, quelque part. Elle ne devrait plus exister d’ailleurs, depuis le temps qu’on lutte. Mais voilà, le problème, et il est de taille, c’est que nous ne la voyons pas tous aux mêmes endroits. Donc en vérité nous luttons un peu tous les uns contre les autres. Et ça n’avance guère. Si ça se trouve, dans une certaine mesure, il suffirait que l’on arrête tous de lutter pour régler en partie la question. Allez savoir. Enfin ça n’est pas exactement l’objet du débat. Je voulais juste meubler un peu. Au passage, je vous recommande la lecture de “Mort aux cons” qui m’a bien fait marrer il y a quelques mois.

Vous vous souvenez de Marcel, que j’évoquais dans la chronique n°8 ? Il habite Marseille. Et au quotidien, quand il ne marche pas, il prend le tram. C’est merveilleux le tram. C’est certes moins rapide que le métro, mais il y a un avantage indéniable, la vue. Pas de galerie en sous-sol, de marches, d’escalators… Le tram a les pieds sur terre et c’est quand même plus sympa. Enfin ça ce n’est que mon avis. Et, dans la mesure où vous pouvez aussi aller vous faire voir, vous n’êtes pas tellement obligés de le partager. Je plaisante, évidemment. En vérité bien sûr que vous êtes obligés. Ça n’est pas la Tunisie libérée ici. Enfin ça n’est pas exactement l’objet du débat non plus. Je voulais juste meubler un peu.

Vous dites ? Je meuble beaucoup ? Ah… ça s’est donc vu. Et bien oui, soit, je meuble beaucoup. Mais bon, mon sujet cette semaine est plutôt léger au départ, aussi, il faut dire. Alors je fais ce que je peux. Je digresse,  je tourne autour du pot, je temporise, je fais diversion. Mais d’accord… d’accord, puisque vous me prenez sur le fait, j’y viens.

Il existe une règle de base dans un tram. Notez que cette règle, au sens large, pourrait valoir aussi pour un tas d’autres choses, comme par exemple une boite de petits pois ou de haricots verts. Vous connaissez la différence entre les deux d’ailleurs ? Et bien simplement, les petits pois sont rouges. Passons… ça n’a toujours pas de rapport avec la fameuse règle dont je parle et que je vais vous exposer enfin sans plus attendre. Un tram, c’est un espace limité avec un nombre tout aussi limité d’ouvertures. Par conséquent, et sans rentrer dans les détails scientifiques dont nous n’avons que faire, tout le monde peut comprendre que, pour que “ceux-là qu’ils veulent rentrer dedans” il puissent rentrer dedans, il faut préalablement que “ceux-là qu’ils veulent sortir dehors” ils sortent dehors. Vous me suivez ? Exemple.

Marcel est d’un naturel très paisible de manière générale. D’autant plus quand il restait du café le matin dans la salle de pause. Quand il quitte son boulot, il lui arrive de passer au Centre Bourse faire une course. Quelquefois il y va à pied. Mais le plus souvent, pour avoir le temps de faire le tour des rayons avant la fermeture, il prend le tram. Et il descend donc à Belsunce…

Le cours Belsunce. Fleuron des quartiers phocéens, coincé entre la Gare et le Vieux Port comme disait l’autre (Belsunce Breakdown). Trait d’union entre la Porte d’Aix – et son Marché du Soleil -, et la Canebière un brin défraichie – mais on l’aime bien quand même. Un des seuls endroits que je connaisse où on peut s’acheter des baskets neuves à prix cassé tous les dimanches de l’année. Mais… en l’occurrence ça n’est pas ce qui intéresse Marcel.

Parce que Marcel, des baskets, il en a déjà. Alors il s’en fout. En plus on n’est pas dimanche. Non, là il veut juste aller faire un tour au Centre Bourse, et pour l’heure il est dans le tram. Il remonte la rue Colbert. Et son angoisse, imperceptiblement, monte aussi. Le tram tourne au bout de la rue… et approche de l’arrêt…

Et là Marcel les voit. Et eux voient le tram. Et l’angoisse devient alors palpable. Il va falloir du courage. Ça s’annonce serré. D’ailleurs autour de Marcel ça s’agite. Le compte à rebours est commencé. Pas sûr que tout le monde s’en sorte.

Le tram ralentit. Et dehors ça s’entasse. Mais combien sont-ils ? Mon dieu. Tout ça…

Les portes s’ouvrent. Et j’en reviens à la règle énoncée plus haut. Ces gens là… ils ne la connaissent pas. La logique voudrait que la masse du dehors attende un moment sur le côté. Mais pas là, allez savoir pourquoi, ils sont pile en face. C’est bête. Mais c’est comme ça.

Et Marcel sait, malgré tout, qu’il doit agir. Inimaginable de rester immobile et d’attendre, car il descend ici. Alors Marcel inspire un grand coup. Erreur stupide. Le tram c’est cool. Mais c’est rempli de gens qui travaillent. Et en fin de journée, quand on est au milieu de gens qui ont travaillé, dans un environnement quelque peu confiné… il ne faut  pas inspirer un grand coup. Total, le coup, c’est Marcel qui l’accuse un peu… Mais il n’a pas vraiment le temps d’y penser… car derrière ça pousse. Ceci dit, devant, ça bloque.

“Ecoutez tas de cons. Qui êtes toujours en face. Vous voyez bien qu’on sort. Vous aurez tous une place… écartez vous deeeee suite, sinon je vous fracasse.”

C’est ce qu’il faudrait dire. Et balancer des claques. Mais Marcel est sociable.

Alors il se fraye un chemin, en bousculant au passage. Petite feinte à gauche. Blocage. Contournement. Accélération. Coup d’épaule. C’est technique. Dans la petite contre allée les voitures passent. Il ne faut pas se laisser emporter par son élan.

Arrivé au calme, Marcel se retourne. Et il contemple les portes, qui restent ouvertes quelques longues secondes. Et encore quelques personnes qui rentrent… tranquillement. Et il se demande.  Il se demande qui sont ces gens qu’il a bousculé. Quelles sont leurs angoisses. Et surtout une… Quelle est cette putain d’angoisse qui pousse ce tas d’huitres à s’agglutiner devant cette porte et à bloquer ceux-là qui sortent ? C’est quand même quelque chose. La médecine fait quoi pour eux ?

On laisse sortir les gens, et après on rentre. Le chauffeur ne fermera ses portes sur personne. Qu’est ce qui n’est pas clair sérieusement ? Ahhh…  attendez… j’ai peut être une explication ! En fait, ces gens, ils sont peut être juste très chaleureux. Peut être qu’ils aiment le contact viril des corps qui se croisent violemment. C’est juste un gros kiff.

Ouais. Et donc Marcel… si on va par là… il doit subir une meute de détraqués sexuels à chaque fois qu’il veut faire une course au Centre Bourse ? Et puis quoi encore. Qu’ils fassent du rugby ! Ils pourront même partager des douches.  Non, franchement.

Notez que dans les bus, on a réglé le problème. Je ne sais pas chez vous… mais ici on rentre par l’avant, et on sort par l’arrière. Enfin quand on valide un ticket du moins. C’est pas con. Ça demande un peu d’organisation dans le bus. Un peu d’anticipation. Mais c’est pas con. On pourrait presque imaginer la même chose dans le tram. Oui mais… ne serais-ce pas céder à la facilité ? Se défausser de la noble tache d’apprendre à celui qui ne sait pas ? Je me demande. Si ça se trouve, la vraie solution, c’est bel et bien les claques.

Ou alors parler ? Difficile. Dans la situation… très peu de temps. Il faudrait être extrêmement synthétique avant qu’ils ne filent. C’est coton. Par contre…

Marcel pourrait écrire un tract. Un petit tract. Pas agressif. Pédagogique. Et même… avant d’imaginer donner une leçon… il pourrait essayer d’obtenir des réponses, en laissant une adresse email. Il en garderait toujours quelques uns dans son sac. Et au moment opportun, il en distribuait un ou deux aux phénomènes qui se présenteraient face à lui.

Allez savoir… les réponses pourraient être amusantes… vous m’aidez ? Vous pensez qu’on pourrait changer un petit quelque chose comme ça ?

Je vous… question… parce que… pas.

La chronique du samedi devient…

la chronique du week-end.

Pourquoi ? C’est très simple. Après 12 semaines “d’exercice” – je réfléchis lentement -, je peux tirer le bilan suivant : j’ai plus de temps le week-end que la semaine pour écrire. Et cette petite règle que je me suis fixée au départ de publier le samedi à midi implique la plupart du temps une rédaction au pas de charge le vendredi soir et un bouclage forcé le samedi au réveil. Souvent au détriment de la qualité des billets, pas suffisamment couvés.

Donc, à partir de cette semaine, les chroniques – qui restent hebdomadaires – pourront êtres publiées entre le samedi matin et le dimanche soir. Voila.

Mais rassurez vous – oui, oui, je vous sens fébriles -, la chronique de la semaine est aux deux tiers écrite, et elle sortira aujourd’hui.

Bises.

La chronique du samedi #12 – No future où l’écolo gît.

Idée écolo

Idée écolo

Tu sais lecteur… de manière générale, je n’ai pas la prétention de donner des leçons à qui que ce soit. J’ai rarement le sentiment de détenir la vérité, tout ça. Ceci dit, laisse moi quand même te dire une bonne chose que j’ai comprise. La vie, c’est avant tout des convictions ! Enfin… disons que j’en suis presque sûr. La plupart du temps. Alors, pas plus con que la doyenne, j’ai les miennes. A commencer par une. Notre monde, il part en couille. Ah  bon ? Tu le savais déjà ? Mince.

Il faut dire aussi que je n’invente rien. Plus les années passent et plus on le dit partout. Trop d’émissions de gaz à effet de serre, trop de déchets dont on ne sait que faire, trop de ressources utilisées… nous sommes simplement en train de condamner nos descendants.

Je ne me fais pas spécialement de soucis pour la planète elle même. La nature, ça s’adapte et ça se renouvelle en quelques millions d’années – ce qui à l’échelle de l’Univers n’est rien. La Terre existait avant nous et survivrait à notre disparition. Car c’est de ça qu’il s’agit. La disparition de l’espèce humaine.

Alors oui, je sais… toujours le catastrophisme écologique… la culpabilisation… la mauvaise conscience… et toutes ces choses. Qu’est ce que vous voulez que je vous dise. Il ne s’agit pas d’arrêter de parler du problème pour qu’il disparaisse. Si ce n’est le regarder en face, je ne vois pas vraiment quoi faire. On est quelque chose comme sept milliards d’humains. Et les ressources de la Terre ne sont pas suffisantes pour que tout le monde vive comme nous vivons aujourd’hui dans les pays développés. C’est comme ça. Ça n’est probablement pas de votre faute. Je ne pense pas que se soit spécialement de la mienne. Mais c’est un fait.

Bien sûr, on peut s’en foutre. On peut toujours s’en foutre. De ça comme du reste. Prenez par exemple le mariage prochain du prince William en Angleterre. Et bien il faut savoir qu’à titre personnel, sauf le respect dû à la famille royale, je m’en tamponne ouvertement le coquillard. Mais les enjeux écologiques de notre civilisation, ça… et bien ça m’intéresse un peu. Autant le dire franchement… je ne suis expert en rien et je n’ai pas de solution géniale à proposer. Mais bon, encore une fois j’avais envie d’ouvrir un peu ma gueule, et de mettre deux ou trois trucs sur la table.

Je le disais un peu plus haut, quand on écoute le discours écologiste il ne faut généralement pas longtemps pour qu’on commence à culpabiliser. En ce qui me concerne, j’ai des micros crises de culpabilité à peu près tous les jours. Quand je traine un peu sous l’eau chaude de la douche… Quand je reste avec dans les mains quinze emballages carton ou plastique après rangement des courses… Quand je pompe du courant pour alimenter en même temps ma machine à laver qui tourne, mon ordinateur, ma livebox, ma télé et son décodeur, mon smartphone qui se recharge et ma vieille lampe halogène.

Alors je pense à un truc pour m’apaiser un peu. Ce qui fait peur dans toute vaste tache, c’est de l’envisager dans sa globalité. Mais si on se concentre sur des petits gestes… et qu’on les met bout à bout… on pourrait bien s’apercevoir qu’une partie du compte y est déjà. Peut être que je pourrais, sur ce blog, compiler pas à pas des petits gestes simples qu’on peut tous faire. Beaucoup sont déjà connus. Mais les fait-on ?

La base de tout, en ce qui concerne chacun d’entre nous, ça me parait être la gestion des déchets. Le tri, bien sûr, déjà. Mais aussi la réduction. Générer moins de déchets.

Un exemple. Quand je me balade en ville, j’ai généralement un sac besace en bandoulière. C’est pratique. Parce que quand je fais des petits achats, je ne prend pas de sac. Rien qu’en comptant les bouquins et bandes dessinées de Virgin ou de la Fnac… ça fait déjà un sacré nombre de sachets plastique utilisés en moins. En fait un compte insignifiant. Mais reproduit soixante millions de fois, ça claquerait quand même. Enfin, sans aller jusque là… si juste toi, à supposer que tu ne le fasses pas déjà, tu adoptais le geste… on lancerait un truc de dingue. Tu seras gentil d’y réfléchir s’il te plait. Et vite.

Parce que voila quoi, l’écologie c’est à la portée du dernier des cons – non non, je le dis pas pour toi… Ressources limitées. A la limite pour commencer, il n’y a que ça à retenir. Nous consommons trop. Il faut faire baisser la moyenne. Et déjà celle de la production d’emballages. Après soyons clairs. Un geste écologique qu’on fait d’un côté, peut très facilement être neutralisé par quelque chose que l’on fera par ailleurs. C’est sûr, pour accessible qu’elle est, l’écologie est une réflexion de tous les jours. Mais un petit geste dans l’absolu, c’est toujours mieux que pas de geste du tout.

L’été dernier, sous le soleil de l’Hérault, un ami me parlait du mouvement Colibris, Mouvement pour la terre et l’Humanisme qui progresse sous la houlette d’un pionnier du Bio, Pierre Rabhi. On peut parler de Décroissance, de Simplicité Volontaire, de Sobriété Heureuse… La philosophie de base est de réduire drastiquement notre empreinte écologique.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Je crois que l’image est claire. Notre société a besoin d’une collaboration de chacun. Pas seulement bien sûr. Mais il me semble que rien ne peut vraiment changer dans le domaine environnemental si l’écologie ne devient pas pour tous un réflexe. C’est un peu du prosélytisme vous me direz. Oui, peut être un peu, mais “si y’en a que ça les dérange” hein…

Bref. Voila, c’est décidé. Je publierai régulièrement ici des idées écolos du jour trouvées à droite ou à gauche. Voire même dans ma tête. Enfin je ne promets rien. D’ailleurs n’hésitez pas à balancer les vôtres. Bien sûr ces idées je tâcherai de commencer pas les appliquer moi même, sinon ça ne vaut rien. On est en janvier. Imaginez ce qu’on peut faire ensemble d’ici à décembre prochain… Et puis éventuellement, on parlera de ce que pourrait être l’esprit écologiste. Fourmis que nous sommes.

Parce que tu vois mon ami… rapport aux convictions que j’évoquais plus haut… et bien je me suis laissé convaincre que réduire l’écologie au tri sélectif dans les poubelles colorées et aux carottes bios pleines de terre, c’est au moins aussi ridicule que de réduire le cinéma français à “Bienvenue chez les Ch’tis”. Partie émergée de l’iceberg… qui fond à vue d’œil. Il y a du taf. Franchement le présent, c’est pas beau à voir. Il ne faut pas se mentir, le virage de nos sociétés, il serait souhaitable qu’il arrive maintenant tout de suite, parce qu’actuellement on fonce dans un mur. On doit grandir un peu. Il se pourrait même qu’on doive utiliser nos tronches.

Je vais le dire pour qu’on soit clair : je suis loin d’être un parfait exemple dans le domaine. A l’heure actuelle, si je mets de côté verre et carton, je ne trie pas encore 100% de mes déchets. Si je veille autant que possible à consommer de saison et “origine France”, je fais la plupart de mes courses en supermarché. Mais j’ai la volonté de faire évoluer mon comportement, étape après étape. Tu es peut être au quotidien quatre fois plus écolo que moi. Si c’est le cas je te félicite. Sinon… on peut éventuellement essayer de s’y mettre ensemble.

Allez, tous, je vous laisse j’ai un train à prendre et peut être même que je l’aurai. Rendez-vous prochainement pour développer le sujet de cette chronique. En attendant soyez raisonnables. Je sais bien que c’est les soldes mais… soixante dix pour cent de réduction sont ils une bonne raison pour acheter ce dont vous n’avez pas besoin ? Je vous pose la question. Même si moi… j’ai une petite idée.