La chronique du week-end #18…

Bon, allez. La chronique numéro 18 ne sera définitivement pas pour ce week-end, voila. Ni pour demain.

Après mon mauvais choix de sujet d’hier… cette fois-ci j’en ai bien un. Un bon. Tellement bon qu’il y a énormément à dire.

Alors on oublie ce week-end. Mes excuses à ceux qui attendaient avec impatience (il y en a ?)… et rendez-vous samedi midi, comme au bon vieux temps des premières chroniques.

Je vais faire ce qu’il faut pour me rattraper, et vous ne devriez pas être déçus.

 

Et sinon, n’oubliez pas :

Les 4 et 5 mars, c’est la grande collecte nationale pour les Restos du Cœur – http://www.jevousposelaquestion.fr/societe/mobilisation-du-jour-collecte-2011-restos-du-coeur.html

La bande dessinée du jour – La Mano (Thirault / Pagliaro)

La Mano / Montefiorino / Thirault - Pagliaro

La Mano / Montefiorino / Thirault - Pagliaro

Sandro est médecin, à Paris. Dans sa salle d’attente, un poste de télévision diffuse les informations. Au menu du jour, la découverte du corps d’un activiste d’extrême gauche italien du clan Pugno, très actif en Italie pendant les années de plomb. L’occasion pour Sandro de se remémorer son passé…

Ils étaient cinq, comme les cinq doigts de la main. C’était en 1965, à Montefiorino, un petit village italien près de Bollogne. Une époque qui n’était pas encore celle de la lutte armée…

Certes, ils ont en commun un certain idéal communiste. Mais Aristo est de loin le plus motivé de tous. Et c’est de lui que viendra l’élan de constituer un groupe, et de commencer à mener quelques actions.

Ce groupe, ce sera, la Mano. Du pouce à l’auriculaire, chacun aura son rôle. Et il faudra se préparer à repousser progressivement les limites.

Montefiorino, premier tome de la série, évoque donc la naissance d’un groupe révolutionnaire dans la campagne italienne, à une époque ou un peu partout dans le paysage politique d’Europe de l’Ouest, les extrêmes montent en puissance.

Mais avant d’être un maillon de l’avant-garde prolétarienne, La Mano est surtout un groupe de copains, animé de motivations assez diverses. Si Nina et Piero semblent assez sincères dans leur dénonciation des injustices de l’état bourgeois, Aristo se distingue surtout par son âme de leader et son goût non dissimulé pour les émotions fortes. Raffaella, que ses parents destinent avant tout au mariage, est amoureuse d’Aristo. Peu importe la cause, elle est prête à suivre aveuglément l’homme qui la fera échapper à sa triste destinée. Quand à Sandro… c’est avant tout son amour impossible et secret pour la belle Raffaella qui le lie au groupe.

Aucun d’eux n’est vraiment préparé à l’action violente. Il se pourrait pourtant qu’il faille vite y venir. Mais une fois le pas franchi, il faudra bien l’assumer.

Premier volet d’une série qui devrait en compter trois, sans crier au génie, cet album me semble tout de même plutôt encourageant. Le graphisme est très coloré et agréable. Et l’histoire se met bien en place, préfigurant d’une suite à la hauteur. Plus qu’un album politique, Montefiorino est surtout une histoire simplement humaine, où sont mises en avant, entre autres, les divergences qui existent toujours au sein d’un groupe et les dérives possibles de tout leadership.

Une bande dessinée à lire donc, si vous en avez l’occasion. Mais surtout un essai à confirmer. Je ne manquerai pas, le moment venu, de revenir vous parler de la suite…

Le livre du jour – C’est un métier d’homme / Oulipo

C'est un métier d'homme / OuLiPo

C'est un métier d'homme / OuLiPo

Avez vous déjà entendu parler de l’OuLiPo (l’ouvroir de littérature potentielle) ? Si tel n’est pas le cas… je vous invite à faire quelques recherches sur le sujet. Je me contenterai ici de résumer les choses.

L’OuLiPo, c’est un rassemblement d’auteurs, amoureux des mots et des textes, qui se plaisent à écrire sous la contrainte. Non que qui que ce soit les menace… il ne s’agit pas de ça. Il est simplement question de produire des textes en se contraignant à respecter certaines règles d’écriture.

L’exemple probablement le plus connu est le roman de Georges Pérec nommé “La disparition“. Il s’agit d’un lipogramme : un texte dans lequel on s’impose de ne pas utiliser une (ou plusieurs lettres). En l’occurrence, dans son livre, Pérec n’utilise jamais la lettre e.

Vous pouvez trouver une longue liste de contraintes sur le site de l’OuLiPo.

Le petit bouquin que je voulais vous présenter aujourd’hui rassemble quelques textes de quelques Oulipiens. Avec une contrainte d’écriture que j’ai trouvée assez marrante.

Tout est parti d’une courte nouvelle d’un dénommé Paul Fournel – actuel président du groupe de l’Oulipo -, qui dresse un autoportrait du descendeur.

“Mon métier consiste à descendre du haut de la montagne jusqu’en bas. A descendre le plus vite possible. C’est un métier d’homme.” Ainsi commence la nouvelle. Et succinctement, d’une manière originalement structurée, l’auteur dépeint la vie du descendeur, et sa fin.

J’ai dis que tout était parti de cette nouvelle. Ça n’est pas tout à fait exact. En fait, tout est véritablement parti… de la suivante… écrite par son camarade de “jeu” Hervé Le Tellier. Ce dernier, en effet, s’inspirant de la structure utilisée par Fournel, a alors écrit un “Autoportrait du séducteur”, qui débute, à quelques détails près, de la même façon.

“Mon art consiste à séduire les femmes au cours d’une soirée. A séduire le plus vite possible…”

Et la suite, pareillement, est écrite de manière à reprendre le plus fidèlement possible le texte original. Dépeignant donc cette fois la vie d’un séducteur… et sa fin.

Voyant le résultat, Paul Fournel a repris sa plume pour un “Autoportrait de l’écorcheur”. Et d’autres auteurs se sont pris au jeu… “C’est un métier d’homme” compile ainsi une vingtaine d’autoportraits, tous construits suivant une même structure, avec plus ou moins de liberté.

Le fonctionnaire, le tyran, la toupie ou la racine de 2… plus ou moins accessibles – les références me sont parfois passées très haut au dessus de la tête – mais toujours teintées d’un certain humour, ces autobiographies donnent au final un petit bouquin assez surprenant que je me suis régalé à lire.

Alors si, comme c’est mon cas, les petits jeux avec les mots ne vous laissent pas insensibles… évidement, je vous le conseille.

La chronique du week-end #17 – la messe est dite et les patates sont frites

Avez-vous la frite ?

Avez-vous la frite ?

Entre vous et nous, c’est une histoire de goût qu’ils disaient. Je sais, c’est franchement facile. Mais le fait est que le parquet d’Avignon, après enquête, a confirmé que le récent décès d’un adolescent de 14 ans – le 22 janvier dernier – est bien lié à son repas dans un restaurant Quick, où les expertises ont révélé la présence de staphylocoques dorés.

Des stabilo-quoi ? Des staphylocoques dorés. Des sales germes potentiellement mortels qu’on attrape des fois dans les hôpitaux quand on venait juste se faire opérer de l’appendicite. Tenez, de mémoire, c’est le genre de saloperie qui a causé le décès de Guillaume Depardieu il y a quelques années.

Une bien triste histoire, disons le. Et une très mauvaise publicité dont Quick se serait probablement bien passé – voir message vidéo du président du groupe. Que faut-il en penser ?

Nous pourrions commencer par nous dire que cette fois c’est sûr, nous n’irons plus manger là bas. Nous taperions violemment du poing sur la table et nous n’irions plus jamais. Tel un président de la république rebondissant avec vigueur sur un beau fait divers anxiogène pour prendre une belle mesure ferme et définitive et mettre un terme à une situation franchement inacceptable. Heu… je ne pense à personne en particulier là hein… c’est une image.

Nous pourrions faire ça, donc. Mais franchement… que serait-ce à dire ? Que jusqu’ici nous nous imaginions que les grandes enseignes du burger distribuaient une nourriture saine et exempte de tout soupçons ? Franchement, que celui qui croyait cela me jette le premier Big Mac. Avec des frites.

Bien sûr il y a des contrôles. Bien sûr les règles d’hygiène sont strictes dans notre pays. Mais ce sont toujours des êtres humains sous pression qui sont en cuisine. Et l’industrie du fast-food est une histoire de business, pas de gastronomie… J’ai fait quelques jobs alimentaires pendant ma période étudiante, mais je n’ai pas eu l’occasion de tester celui d’équipier Mc Do ou Quick. Il me semble ceci dit que ceux qui s’y sont essayé n’ont jamais plus eu, par la suite, la même image de leurs burgers – ni des frites… et ça ne date pas d’hier.

Nous sommes là sur le terrain de la malbouffe, et nous le savons très bien. Dans un monde idéal – tout sujet à d’interminables polémiques qu’il soit – ce type de restauration n’occuperait certainement pas la place qui est la sienne en 2011.

Reste que… nous ne sommes pas dans ce monde idéal. Et qu’entre les extrémistes alimentaires de tous bords, demeure une majorité de gens, dans laquelle je me place, qui apprécie d’aller manger de temps en temps un steak tout gras nappé de sauce bien trop sucrée entre deux morceaux de pain. Avec des frites. Notez que cela ne m’empêche en aucun cas de saluer un certain nombre de combats moustachus de José Bové, démonteur rapide de restos -  ou peut être bien l’inverse. J’assume cette contradiction.

Avignon, j’y ai vécu presque cinq ans. Le Quick incriminé dans cette affaire, j’y ai mangé peut être une quinzaine de fois. Peut être plus. Il est bien pratique, il est juste à côté d’un grand cinéma. Je n’invente rien, de temps en temps, une petite soirée devant un film démarre agréablement par un petit diner à l’américaine constitué de burgers. Avec des frites. Et bien je n’ai jamais eu les symptômes d’une intoxication alimentaire. En revanche, je pourrais vous citer des gens – ils se reconnaitront – qui ont été malades comme des chiens, quelques jours durant, après avoir mangé du tartare de bœuf dans une brasserie de Marseille.

Moralité ? Et bien moralité, la nourriture est toujours quelque chose de sensible. Et beaucoup de précautions ne suffisent des fois pas à éviter ce genre d’incidents. La sagesse commande, évidemment, que l’on achète soi même des produits frais, à des petits producteurs de confiance, dans le but de se cuisiner des repas équilibrés. Mais même là… avec ce que l’on trouve dans nos sols… avec ce qui est utilisé comme médicaments dans les élevages… est on toujours bien certain de manger beaucoup plus sainement que si on était aller s’acheter un petit burger ? Sans oublier les frites.

Si vous n’avez pas encore eu vent de la polémique du moment qui voit notamment s’affronter les écologistes et la région Bretagne, au sujet de l’agriculture intensive et de ses conséquences, je vous invite à lire un des nombreux articles sur le sujet

Ceci étant dit, n’allez pas vous imaginer que je me fais l’avocat de Quick. Je conçois que mon discours pourrait quelque peu le laisser croire. Comptez sur moi pour brouiller les pistes, car attention… je ne sais pas vous, mais moi je n’ai pas oublié !

Je n’ai pas oublié que par le passé, l’enseigne avait déjà frôlé l’homicide… par la frite ! Souvenez vous… l’affaire se passait à Reims… une cliente glissait sur une frite et se faisait une quadruple fracture… Elle avait attaqué le restaurant en justice réclamant des dommages et intérêts. Faute de preuve suffisante de la présence réelle d’une frite sur le sol, la pauvre dame s’était vue déboutée – et sans doute dégoutée également, elle qui demandait 100.000 €. Si ça ne vous revient pas, vous trouverez ici un petit rappel des faits. Quick s’en était alors bien tiré. Bien mieux que Carrefour en tout cas, qui en décembre dernier perdait un autre procès intenté par une autre dame qui avait glissé, elle, sur une feuille de salade.

Je ne peux m’empêcher de noter que la salade provoque une fracture double et 10% d’invalidité là où la frite en cause une quadruple et une invalidité de 100%. Cela tendrait à prouver qu’il y a dans le discours des nutritionnistes un fond de vérité… la salade, comparée aux frites, ça fait quand même moins de mal. Je vous invite à y penser…

Tenez, tant qu’on est – qui a dit “lourdement” ? – dans la frite, et si vous me permettez de sauter un peu du coq à l’âne – sans aucun jeu de mot -, vous avez peut être suivi ces derniers jours l’actualité de nos voisins les Belges. Car si la Tunisie a eu sa révolution du Jasmin et l’Egypte sa révolution du Nil… et bien figurez vous que la Belgique, elle, a eu droit à la révolution des Frites.

Rien à voir avec une quelconque tentative de faire chuter qui que ce soit, ni pauvre dame, ni dictateur. Une partie de la jeunesse belge était simplement dans la rue pour dénoncer la situation politique quelque peu étrange et ô combien complexe de ce pays qui est en passe de battre le record du monde de la plus longue période sans gouvernement. Plus de 250 jours déjà… Cela dit, au besoin, on peut peut être leur refiler le notre… Mais je ne sais dire si ça serait leur rendre service…

Tout ça pour dire… Et bien tout ça pour ne rien dire en fait. Ce n’est peut être pas encore aujourd’hui que je vais m’astreindre à forcément dire des choses dans mes chroniques qui, mais vous devez bien vous même vous en rendre compte, sont plus un concentré de bêtises qu’autre chose. Déjà pas mal que j’arrive tout juste à la poster à l’heure.

Bonne semaine à vous. Essayez, si vous le pouvez, de ne quand même pas trop avaler n’importe quoi. La vie est une jungle et il faut être méfiant tous les jours. Allez savoir si un jour viendra où nous pourrons avoir confiance en tout… je vous pose la question hein… vous savez très bien que moi… franchement…

La mobilisation du jour – Collecte 2011 / Restos du Coeur

Collecte alimentaire nationale - 4 et 5 mars - Restos du Coeur

Collecte alimentaire nationale - 4 et 5 mars - Restos du Coeur

Après 25 ans d’engagement, les Restos du Cœur organisent leur collecte annuelle pour offrir des repas aux plus démunis. Les 4 et 5 Mars, dans les tous les hypermarchés et supermarchés et partout en France, les clients seront sollicités pour acheter et donner aux Restos du Cœur les produits dont ils ont besoin.

A cette occasion, plus de 41 000 bénévoles seront sur place pour collecter les produits, aux côtés desquels se mobiliseront également 3 000 salariés de Carrefour et Danone.

En effet, pour la troisième année consécutive, Carrefour et Danone s’associent aux Restos dans le cadre d’un partenariat à plusieurs niveaux : mobilisation les jours de collecte, mécénat de compétence tout au long de l’année et opération promotionnelle du 16 au 22 Mars durant laquelle 1 repas est offert aux Restos pour l’achat de 4 produits.

Nous comptons également sur votre mobilisation à vous, blogueurs, pour soutenir les Restos du Cœur. Ainsi, pour chaque billet publié sur les Restos du Cœur, Danone et Carrefour s’engagent à offrir 10 Repas aux Restos du Cœur. L’an dernier, cette mobilisation des blogueurs avaient permis d’offrir 16 675 repas.


Collecte 2011 les Restos du Coeur : Mobilisez-vous
envoyé par lespiedssurterre. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

Plus d’infos : http://lespiedssurterre-leblog.danone.com/les-restos-du-coeur-la-collecte-2011/