Sandro est médecin, à Paris. Dans sa salle d’attente, un poste de télévision diffuse les informations. Au menu du jour, la découverte du corps d’un activiste d’extrême gauche italien du clan Pugno, très actif en Italie pendant les années de plomb. L’occasion pour Sandro de se remémorer son passé…
Ils étaient cinq, comme les cinq doigts de la main. C’était en 1965, à Montefiorino, un petit village italien près de Bollogne. Une époque qui n’était pas encore celle de la lutte armée…
Certes, ils ont en commun un certain idéal communiste. Mais Aristo est de loin le plus motivé de tous. Et c’est de lui que viendra l’élan de constituer un groupe, et de commencer à mener quelques actions.
Ce groupe, ce sera, la Mano. Du pouce à l’auriculaire, chacun aura son rôle. Et il faudra se préparer à repousser progressivement les limites.
Montefiorino, premier tome de la série, évoque donc la naissance d’un groupe révolutionnaire dans la campagne italienne, à une époque ou un peu partout dans le paysage politique d’Europe de l’Ouest, les extrêmes montent en puissance.
Mais avant d’être un maillon de l’avant-garde prolétarienne, La Mano est surtout un groupe de copains, animé de motivations assez diverses. Si Nina et Piero semblent assez sincères dans leur dénonciation des injustices de l’état bourgeois, Aristo se distingue surtout par son âme de leader et son goût non dissimulé pour les émotions fortes. Raffaella, que ses parents destinent avant tout au mariage, est amoureuse d’Aristo. Peu importe la cause, elle est prête à suivre aveuglément l’homme qui la fera échapper à sa triste destinée. Quand à Sandro… c’est avant tout son amour impossible et secret pour la belle Raffaella qui le lie au groupe.
Aucun d’eux n’est vraiment préparé à l’action violente. Il se pourrait pourtant qu’il faille vite y venir. Mais une fois le pas franchi, il faudra bien l’assumer.
Premier volet d’une série qui devrait en compter trois, sans crier au génie, cet album me semble tout de même plutôt encourageant. Le graphisme est très coloré et agréable. Et l’histoire se met bien en place, préfigurant d’une suite à la hauteur. Plus qu’un album politique, Montefiorino est surtout une histoire simplement humaine, où sont mises en avant, entre autres, les divergences qui existent toujours au sein d’un groupe et les dérives possibles de tout leadership.
Une bande dessinée à lire donc, si vous en avez l’occasion. Mais surtout un essai à confirmer. Je ne manquerai pas, le moment venu, de revenir vous parler de la suite…

Et quand doit paraitre le tome II?
En vous remerciant.
Il semblerait que se soit prévu pour décembre 2012… (http://www.bdfugue.com/la-mano-t-2-la-mano-t2-3). Patience et longueur de temps…