“Nous ne serons jamais des héros” est sorti en juin dernier et trône depuis lors dans ma bibliothèque. Je viens de retomber dessus, et je me suis dit qu’il avait sa place ici.
Mick a trente deux ans. Glandeur de profession, entre deux courtes missions d’intérim, il passe le plus clair de son temps devant sa télé à regarder des documentaires sur tout et n’importe quoi. Ses projets ? Aucun. Son horizon ? Bouché. Mick est ce qu’on a coutume d’appeler un perdant.
Un jour, il reçoit un coup de téléphone de son père, Charles. Acariâtre depuis l’accident qui a coûté la vie à sa femme et l’a laissé invalide vingt cinq années auparavant, déçu par la vie que mène son fils, celui-ci n’appelle généralement que pour annoncer de mauvaises nouvelles. Et cette fois encore, ça ne manque pas. La grand-mère de Mick vient de décéder.
L’ailleule enterrée, la maison vendue, Charles se retrouve à la tête d’un petit pactole. Lui qui n’a jamais vraiment eu de rapports avec Mick, qu’il considère ni plus ni moins comme un bon à rien, va alors lui proposer un marché : l’assister au cours d’un grand baroud au tour du monde, sur les traces de son passé, contre une partie de l’argent. Père et fils vont donc faire leurs valises, et prendre la route. Ce grand voyage sera une occasion unique pour les deux hommes d’essayer de se comprendre, et de San-Fransisco à Helsinki en passant par le Vietnam ou le Maroc, le chemin sera long. Exaspéré par le manque de curiosité et de culture de son fils, Charles tentera malgré tout de lui transmettre un peu de sa passion. Et Mick, incontestablement, en sortira grandi…
“Nos parents n’ont pas connu la guerre mais ils ont eu les couilles de faire la révolution, ce sont les héros de 68… Nous, on n’a ni guerre ni révolution à faire. (…) On sera jamais des héros, faut faire le deuil de ce vieux fantasme. On doit réussir notre passage sur terre d’une autre manière.”
Belle illustration du fossé qui peut séparer deux générations, “Nous ne serons jamais des héros” est une histoire touchante, souvent émouvante – mais loin de moi l’idée de dévoiler des secrets… -, très bien servie par un graphisme simple mais soigné. La réalisation est aussi une histoire de famille, puisque ce sont deux frères, Frédérik et Greg Salsedo qui assurent respectivement le dessin et la couleur, alors qu’Olivier Jouvray signe le scénario.
Ce n’est pas compliqué, embarqué comme j’ai été par cet album, j’ai adoré. Et, donc, bien évidemment, je recommande.

Je plussoie !
Excellent album, à recommander à tous ceux qui ont un père ou en ont eu un, un jour.