Entre vous et nous, c’est une histoire de goût qu’ils disaient. Je sais, c’est franchement facile. Mais le fait est que le parquet d’Avignon, après enquête, a confirmé que le récent décès d’un adolescent de 14 ans – le 22 janvier dernier – est bien lié à son repas dans un restaurant Quick, où les expertises ont révélé la présence de staphylocoques dorés.
Des stabilo-quoi ? Des staphylocoques dorés. Des sales germes potentiellement mortels qu’on attrape des fois dans les hôpitaux quand on venait juste se faire opérer de l’appendicite. Tenez, de mémoire, c’est le genre de saloperie qui a causé le décès de Guillaume Depardieu il y a quelques années.
Une bien triste histoire, disons le. Et une très mauvaise publicité dont Quick se serait probablement bien passé – voir message vidéo du président du groupe. Que faut-il en penser ?
Nous pourrions commencer par nous dire que cette fois c’est sûr, nous n’irons plus manger là bas. Nous taperions violemment du poing sur la table et nous n’irions plus jamais. Tel un président de la république rebondissant avec vigueur sur un beau fait divers anxiogène pour prendre une belle mesure ferme et définitive et mettre un terme à une situation franchement inacceptable. Heu… je ne pense à personne en particulier là hein… c’est une image.
Nous pourrions faire ça, donc. Mais franchement… que serait-ce à dire ? Que jusqu’ici nous nous imaginions que les grandes enseignes du burger distribuaient une nourriture saine et exempte de tout soupçons ? Franchement, que celui qui croyait cela me jette le premier Big Mac. Avec des frites.
Bien sûr il y a des contrôles. Bien sûr les règles d’hygiène sont strictes dans notre pays. Mais ce sont toujours des êtres humains sous pression qui sont en cuisine. Et l’industrie du fast-food est une histoire de business, pas de gastronomie… J’ai fait quelques jobs alimentaires pendant ma période étudiante, mais je n’ai pas eu l’occasion de tester celui d’équipier Mc Do ou Quick. Il me semble ceci dit que ceux qui s’y sont essayé n’ont jamais plus eu, par la suite, la même image de leurs burgers – ni des frites… et ça ne date pas d’hier.
Nous sommes là sur le terrain de la malbouffe, et nous le savons très bien. Dans un monde idéal – tout sujet à d’interminables polémiques qu’il soit – ce type de restauration n’occuperait certainement pas la place qui est la sienne en 2011.
Reste que… nous ne sommes pas dans ce monde idéal. Et qu’entre les extrémistes alimentaires de tous bords, demeure une majorité de gens, dans laquelle je me place, qui apprécie d’aller manger de temps en temps un steak tout gras nappé de sauce bien trop sucrée entre deux morceaux de pain. Avec des frites. Notez que cela ne m’empêche en aucun cas de saluer un certain nombre de combats moustachus de José Bové, démonteur rapide de restos - ou peut être bien l’inverse. J’assume cette contradiction.
Avignon, j’y ai vécu presque cinq ans. Le Quick incriminé dans cette affaire, j’y ai mangé peut être une quinzaine de fois. Peut être plus. Il est bien pratique, il est juste à côté d’un grand cinéma. Je n’invente rien, de temps en temps, une petite soirée devant un film démarre agréablement par un petit diner à l’américaine constitué de burgers. Avec des frites. Et bien je n’ai jamais eu les symptômes d’une intoxication alimentaire. En revanche, je pourrais vous citer des gens – ils se reconnaitront – qui ont été malades comme des chiens, quelques jours durant, après avoir mangé du tartare de bœuf dans une brasserie de Marseille.
Moralité ? Et bien moralité, la nourriture est toujours quelque chose de sensible. Et beaucoup de précautions ne suffisent des fois pas à éviter ce genre d’incidents. La sagesse commande, évidemment, que l’on achète soi même des produits frais, à des petits producteurs de confiance, dans le but de se cuisiner des repas équilibrés. Mais même là… avec ce que l’on trouve dans nos sols… avec ce qui est utilisé comme médicaments dans les élevages… est on toujours bien certain de manger beaucoup plus sainement que si on était aller s’acheter un petit burger ? Sans oublier les frites.
Si vous n’avez pas encore eu vent de la polémique du moment qui voit notamment s’affronter les écologistes et la région Bretagne, au sujet de l’agriculture intensive et de ses conséquences, je vous invite à lire un des nombreux articles sur le sujet…
Ceci étant dit, n’allez pas vous imaginer que je me fais l’avocat de Quick. Je conçois que mon discours pourrait quelque peu le laisser croire. Comptez sur moi pour brouiller les pistes, car attention… je ne sais pas vous, mais moi je n’ai pas oublié !
Je n’ai pas oublié que par le passé, l’enseigne avait déjà frôlé l’homicide… par la frite ! Souvenez vous… l’affaire se passait à Reims… une cliente glissait sur une frite et se faisait une quadruple fracture… Elle avait attaqué le restaurant en justice réclamant des dommages et intérêts. Faute de preuve suffisante de la présence réelle d’une frite sur le sol, la pauvre dame s’était vue déboutée – et sans doute dégoutée également, elle qui demandait 100.000 €. Si ça ne vous revient pas, vous trouverez ici un petit rappel des faits. Quick s’en était alors bien tiré. Bien mieux que Carrefour en tout cas, qui en décembre dernier perdait un autre procès intenté par une autre dame qui avait glissé, elle, sur une feuille de salade.
Je ne peux m’empêcher de noter que la salade provoque une fracture double et 10% d’invalidité là où la frite en cause une quadruple et une invalidité de 100%. Cela tendrait à prouver qu’il y a dans le discours des nutritionnistes un fond de vérité… la salade, comparée aux frites, ça fait quand même moins de mal. Je vous invite à y penser…
Tenez, tant qu’on est – qui a dit “lourdement” ? – dans la frite, et si vous me permettez de sauter un peu du coq à l’âne – sans aucun jeu de mot -, vous avez peut être suivi ces derniers jours l’actualité de nos voisins les Belges. Car si la Tunisie a eu sa révolution du Jasmin et l’Egypte sa révolution du Nil… et bien figurez vous que la Belgique, elle, a eu droit à la révolution des Frites.
Rien à voir avec une quelconque tentative de faire chuter qui que ce soit, ni pauvre dame, ni dictateur. Une partie de la jeunesse belge était simplement dans la rue pour dénoncer la situation politique quelque peu étrange et ô combien complexe de ce pays qui est en passe de battre le record du monde de la plus longue période sans gouvernement. Plus de 250 jours déjà… Cela dit, au besoin, on peut peut être leur refiler le notre… Mais je ne sais dire si ça serait leur rendre service…
Tout ça pour dire… Et bien tout ça pour ne rien dire en fait. Ce n’est peut être pas encore aujourd’hui que je vais m’astreindre à forcément dire des choses dans mes chroniques qui, mais vous devez bien vous même vous en rendre compte, sont plus un concentré de bêtises qu’autre chose. Déjà pas mal que j’arrive tout juste à la poster à l’heure.
Bonne semaine à vous. Essayez, si vous le pouvez, de ne quand même pas trop avaler n’importe quoi. La vie est une jungle et il faut être méfiant tous les jours. Allez savoir si un jour viendra où nous pourrons avoir confiance en tout… je vous pose la question hein… vous savez très bien que moi… franchement…




