La chronique du week-end #17 – la messe est dite et les patates sont frites

Avez-vous la frite ?

Avez-vous la frite ?

Entre vous et nous, c’est une histoire de goût qu’ils disaient. Je sais, c’est franchement facile. Mais le fait est que le parquet d’Avignon, après enquête, a confirmé que le récent décès d’un adolescent de 14 ans – le 22 janvier dernier – est bien lié à son repas dans un restaurant Quick, où les expertises ont révélé la présence de staphylocoques dorés.

Des stabilo-quoi ? Des staphylocoques dorés. Des sales germes potentiellement mortels qu’on attrape des fois dans les hôpitaux quand on venait juste se faire opérer de l’appendicite. Tenez, de mémoire, c’est le genre de saloperie qui a causé le décès de Guillaume Depardieu il y a quelques années.

Une bien triste histoire, disons le. Et une très mauvaise publicité dont Quick se serait probablement bien passé – voir message vidéo du président du groupe. Que faut-il en penser ?

Nous pourrions commencer par nous dire que cette fois c’est sûr, nous n’irons plus manger là bas. Nous taperions violemment du poing sur la table et nous n’irions plus jamais. Tel un président de la république rebondissant avec vigueur sur un beau fait divers anxiogène pour prendre une belle mesure ferme et définitive et mettre un terme à une situation franchement inacceptable. Heu… je ne pense à personne en particulier là hein… c’est une image.

Nous pourrions faire ça, donc. Mais franchement… que serait-ce à dire ? Que jusqu’ici nous nous imaginions que les grandes enseignes du burger distribuaient une nourriture saine et exempte de tout soupçons ? Franchement, que celui qui croyait cela me jette le premier Big Mac. Avec des frites.

Bien sûr il y a des contrôles. Bien sûr les règles d’hygiène sont strictes dans notre pays. Mais ce sont toujours des êtres humains sous pression qui sont en cuisine. Et l’industrie du fast-food est une histoire de business, pas de gastronomie… J’ai fait quelques jobs alimentaires pendant ma période étudiante, mais je n’ai pas eu l’occasion de tester celui d’équipier Mc Do ou Quick. Il me semble ceci dit que ceux qui s’y sont essayé n’ont jamais plus eu, par la suite, la même image de leurs burgers – ni des frites… et ça ne date pas d’hier.

Nous sommes là sur le terrain de la malbouffe, et nous le savons très bien. Dans un monde idéal – tout sujet à d’interminables polémiques qu’il soit – ce type de restauration n’occuperait certainement pas la place qui est la sienne en 2011.

Reste que… nous ne sommes pas dans ce monde idéal. Et qu’entre les extrémistes alimentaires de tous bords, demeure une majorité de gens, dans laquelle je me place, qui apprécie d’aller manger de temps en temps un steak tout gras nappé de sauce bien trop sucrée entre deux morceaux de pain. Avec des frites. Notez que cela ne m’empêche en aucun cas de saluer un certain nombre de combats moustachus de José Bové, démonteur rapide de restos -  ou peut être bien l’inverse. J’assume cette contradiction.

Avignon, j’y ai vécu presque cinq ans. Le Quick incriminé dans cette affaire, j’y ai mangé peut être une quinzaine de fois. Peut être plus. Il est bien pratique, il est juste à côté d’un grand cinéma. Je n’invente rien, de temps en temps, une petite soirée devant un film démarre agréablement par un petit diner à l’américaine constitué de burgers. Avec des frites. Et bien je n’ai jamais eu les symptômes d’une intoxication alimentaire. En revanche, je pourrais vous citer des gens – ils se reconnaitront – qui ont été malades comme des chiens, quelques jours durant, après avoir mangé du tartare de bœuf dans une brasserie de Marseille.

Moralité ? Et bien moralité, la nourriture est toujours quelque chose de sensible. Et beaucoup de précautions ne suffisent des fois pas à éviter ce genre d’incidents. La sagesse commande, évidemment, que l’on achète soi même des produits frais, à des petits producteurs de confiance, dans le but de se cuisiner des repas équilibrés. Mais même là… avec ce que l’on trouve dans nos sols… avec ce qui est utilisé comme médicaments dans les élevages… est on toujours bien certain de manger beaucoup plus sainement que si on était aller s’acheter un petit burger ? Sans oublier les frites.

Si vous n’avez pas encore eu vent de la polémique du moment qui voit notamment s’affronter les écologistes et la région Bretagne, au sujet de l’agriculture intensive et de ses conséquences, je vous invite à lire un des nombreux articles sur le sujet

Ceci étant dit, n’allez pas vous imaginer que je me fais l’avocat de Quick. Je conçois que mon discours pourrait quelque peu le laisser croire. Comptez sur moi pour brouiller les pistes, car attention… je ne sais pas vous, mais moi je n’ai pas oublié !

Je n’ai pas oublié que par le passé, l’enseigne avait déjà frôlé l’homicide… par la frite ! Souvenez vous… l’affaire se passait à Reims… une cliente glissait sur une frite et se faisait une quadruple fracture… Elle avait attaqué le restaurant en justice réclamant des dommages et intérêts. Faute de preuve suffisante de la présence réelle d’une frite sur le sol, la pauvre dame s’était vue déboutée – et sans doute dégoutée également, elle qui demandait 100.000 €. Si ça ne vous revient pas, vous trouverez ici un petit rappel des faits. Quick s’en était alors bien tiré. Bien mieux que Carrefour en tout cas, qui en décembre dernier perdait un autre procès intenté par une autre dame qui avait glissé, elle, sur une feuille de salade.

Je ne peux m’empêcher de noter que la salade provoque une fracture double et 10% d’invalidité là où la frite en cause une quadruple et une invalidité de 100%. Cela tendrait à prouver qu’il y a dans le discours des nutritionnistes un fond de vérité… la salade, comparée aux frites, ça fait quand même moins de mal. Je vous invite à y penser…

Tenez, tant qu’on est – qui a dit “lourdement” ? – dans la frite, et si vous me permettez de sauter un peu du coq à l’âne – sans aucun jeu de mot -, vous avez peut être suivi ces derniers jours l’actualité de nos voisins les Belges. Car si la Tunisie a eu sa révolution du Jasmin et l’Egypte sa révolution du Nil… et bien figurez vous que la Belgique, elle, a eu droit à la révolution des Frites.

Rien à voir avec une quelconque tentative de faire chuter qui que ce soit, ni pauvre dame, ni dictateur. Une partie de la jeunesse belge était simplement dans la rue pour dénoncer la situation politique quelque peu étrange et ô combien complexe de ce pays qui est en passe de battre le record du monde de la plus longue période sans gouvernement. Plus de 250 jours déjà… Cela dit, au besoin, on peut peut être leur refiler le notre… Mais je ne sais dire si ça serait leur rendre service…

Tout ça pour dire… Et bien tout ça pour ne rien dire en fait. Ce n’est peut être pas encore aujourd’hui que je vais m’astreindre à forcément dire des choses dans mes chroniques qui, mais vous devez bien vous même vous en rendre compte, sont plus un concentré de bêtises qu’autre chose. Déjà pas mal que j’arrive tout juste à la poster à l’heure.

Bonne semaine à vous. Essayez, si vous le pouvez, de ne quand même pas trop avaler n’importe quoi. La vie est une jungle et il faut être méfiant tous les jours. Allez savoir si un jour viendra où nous pourrons avoir confiance en tout… je vous pose la question hein… vous savez très bien que moi… franchement…

La mobilisation du jour – Collecte 2011 / Restos du Coeur

Collecte alimentaire nationale - 4 et 5 mars - Restos du Coeur

Collecte alimentaire nationale - 4 et 5 mars - Restos du Coeur

Après 25 ans d’engagement, les Restos du Cœur organisent leur collecte annuelle pour offrir des repas aux plus démunis. Les 4 et 5 Mars, dans les tous les hypermarchés et supermarchés et partout en France, les clients seront sollicités pour acheter et donner aux Restos du Cœur les produits dont ils ont besoin.

A cette occasion, plus de 41 000 bénévoles seront sur place pour collecter les produits, aux côtés desquels se mobiliseront également 3 000 salariés de Carrefour et Danone.

En effet, pour la troisième année consécutive, Carrefour et Danone s’associent aux Restos dans le cadre d’un partenariat à plusieurs niveaux : mobilisation les jours de collecte, mécénat de compétence tout au long de l’année et opération promotionnelle du 16 au 22 Mars durant laquelle 1 repas est offert aux Restos pour l’achat de 4 produits.

Nous comptons également sur votre mobilisation à vous, blogueurs, pour soutenir les Restos du Cœur. Ainsi, pour chaque billet publié sur les Restos du Cœur, Danone et Carrefour s’engagent à offrir 10 Repas aux Restos du Cœur. L’an dernier, cette mobilisation des blogueurs avaient permis d’offrir 16 675 repas.


Collecte 2011 les Restos du Coeur : Mobilisez-vous
envoyé par lespiedssurterre. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

Plus d’infos : http://lespiedssurterre-leblog.danone.com/les-restos-du-coeur-la-collecte-2011/

La chronique du week-end #16 – internet et la curation racontés à ma grand-mère

Internet

Internet

Tiens, depuis que j’ai commencé à faire mes petites chroniques du week-end en ligne, il est un thème que j’ai à peine abordé, c’est celui d’internet lui même. Qu’à cela ne tienne, je vais m’en charger pas plus tard que dès aujourd’hui. Je ne manque pas de ressources sur la question, le plus compliqué, ce sera juste de faire le tri.

A vrai dire, ça n’est pas tout à fait par hasard que je choisis ce sujet aujourd’hui. Il y a deux raisons à cela. La première, c’est que j’ai reçu cette semaine sur Facebook une demande d’ajout de ma grand-mère. Sans pour autant dévoiler son identité, je vous dirai simplement que c’est la mère de ma mère – étonnant non ? – qu’elle est née et vit en Bretagne et qu’elle fêtera cette année ses 82 ans. Alors, certes, j’avais déjà eu l’occasion de constater qu’elle maitrisait très bien l’envoi des emails, l’affaire était entendue, mais cette invitation Facebook… je me dois d’être franc… j’ai été plutôt bluffé. J’y vois une preuve de plus de ce qu’on entend un peu partout et de plus en plus, internet touche aujourd’hui tous les milieux et toutes les générations. Et pourtant au départ… c’était loin d’être évident.

La deuxième raison qui me donne envie d’écrire ce billet, c’est la découverte toute récente que j’ai faite d’un terme – et derrière le terme, d’un concept – dont on commence à entendre parler pas mal sur la toile. A tout le moins, dans les milieux autorisés. Mais si, vous savez bien, ces endroits où l’on s’autorise à penser… Bref, ce terme-concept, c’est la curation. En anglais dans le texte. Et en français aussi, en fait, dans la mesure où il a été adopté tel quel, malgré la préexistence du mot curation dans notre langue, et son sens médical sans rapport aucun avec celui qui va nous intéresser aujourd’hui. Enfin, notez, des rapports, avec un peu d’imagination, on pourrait en trouver entre à peu près tout et pratiquement n’importe quoi… mais le risque serait important de tomber lourdement dans la capillotraction caractérisée. Je m’abstiendrai donc.

Je ne sais pas vous, mais j’ai personnellement découvert internet en 94, avec notre premier abonnement Wanadoo à la maison, via un modem 33.6k à la mélodie si… je cherche l’adjectif… harmonieuse ? Pour ceux qui n’ont pas connu ou qui ne s’en souviennent pas, petite piqure de rappel. Si vous étiez connectés à cette époque, vous vous rappelez sans doute de la jungle qu’était internet. Il faut dire que… Google n’existait pas. Sans rentrer dans les détails, nous étions face à une masse encore presque quantifiable de “pages personnelles”, au style graphique souvent douteux, répertoriées tant bien que mal sur ce qui s’apparentait bien plus à des annuaires qu’à des moteurs de recherche tels que nous les connaissons aujourd’hui, en tête desquels… un certain Yahoo!

Rassurez vous… je ne vais pas m’amuser à faire tout un historique d’internet. D’autres l’ont déjà fait bien mieux que je ne le pourrais. Mais permettez moi simplement une petite synthèse pour introduire le concept du jour.

Au départ donc… un fatras de pages personnelles par une poignée de geeks de la première heure – j’imagine que je dois légitimement m’inclure dedans -, à peu près introuvables sauf à avoir lu l’adresse dans une revue ou au hasard d’un annuaire. Explosion de couleurs criardes, de titres en Comic Sans MS, de gifs animés dans tous les sens… et on aimait ça. Les spécialistes parleront de l’époque du “Few-to-Many” – en français : de peu vers beaucoup – où quelques créateurs de pages œuvraient pour un nombre grandissant de surfeurs passifs.

Puis la chose s’est démocratisée. Nous sommes passés à une situation plus proche du “Many-to-Everybody” – de beaucoup vers tout le monde. De plus en plus de gens se sont mis à faire des sites. Et progressivement, sans nous en rendre compte, nous sommes même entrés dans l’ère du fameux web deux point zéro, le web participatif, “Everybody-to-Everybody”.

A chacun sa part du territoire internet. Tout le monde peut s’inscrire sur Facebook – même ma grand-mère – et entrer en contact avec ses connaissances partout dans le monde, publier de ses nouvelles, laisser des commentaires sur celles des autres, sur leurs photos… Tout le monde peut mettre une vidéo sur Youtube, Dailymotion, ou n’importe quelle autre plateforme de partage de vidéos. Tout le monde peut ouvrir un blog, le plus simplement du monde, en 5 minutes.  Tout le monde peut ajouter des articles ou les compléter sur Wikipédia – sous réserves de respecter la charte, évidemment… Internet est ouvert à tous. Il ne tient qu’a vous d’y participer.

Un des derniers gros acteurs a avoir émergé sur la toile est Twitter. Ce réseau social, que j’ai dans un premier temps vu comme un clone de Facebook plutôt limité, est en réalité, je m’en rend bien mieux compte aujourd’hui, bien plus que ça. Je vais y revenir.

Google règne en maître sur cet univers. Digérant tout le contenu accessible quasiment en temps réel, de sorte que vous pouvez trouver sans effort un article publié dix minutes plus tôt traitant d’un évènement qui date d’il y a un quart d’heure. Enfin quand je dis un article… il faut généralement compter en dizaines si c’est un sujet d’importance, si vous voyez un peu où je veux en venir…

L’informaticien que je suis ne peut qu’être fasciné par tout cela. le citoyen aussi, du reste. Les réseaux sociaux jouent aujourd’hui des rôles déterminants dans les mouvements, sociaux eux aussi, du monde entier. En Iran, en Tunisie, en Egypte… ils font trembler les pouvoirs en place, quand ils ne font pas, même, tomber des dictatures. On pourrait penser alors que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Oui mais… non. Avez vous lu ma chronique numéro 5 sur la masse grandissante d’information dont on nous abreuve ? Si la réponse est non, je ne vous félicite pas. Mais il n’est pas trop tard pour le faire. Je le disais un peu plus haut, aux débuts d’internet, faute de moyens réellement efficaces d’indexation et de recherche, il était compliqué de trouver ce que l’on cherchait. En 2011, du fait de la masse de pages créées quotidiennement sur tout et n’importe quoi, trouver l’info pertinente que l’on recherche… peut finalement se révéler tout aussi périlleux.

Arrêtons nous un instant sur les deux plus gros réseaux sociaux de notre époque, Facebook et Twitter. Sur le premier, l’idée de base est d’établir un contact virtuel avec les gens que l’on connait. Famille, amis, collègues… on se trouve, on se lie sur le réseau, et on peut alors partager ses états d’âme, compte rendus de vacances ou opinions sur sa direction – avec le risque, aujourd’hui connu, de se faire licencier. L’utilisateur lambda doit avoir entre cinquante et cent contacts en moyenne qui ne sont en général pas “actifs” tout les jours. Bref, en principe, on arrive à peu près à suivre – j’entends par là, à parcourir en diagonale toutes les publications et à repérer celles qui nous intéressent.

Twitter est aussi un réseau social, mais avec deux différences majeures. La première, c’est qu’on ne crée pas uniquement des liens avec des personnes que l’on connait IRL – “In Real Life”, soit en français, “dans la vraie vie”. Sur Twitter, on peut s’abonner aux “tweets” de n’importe qui nous paraissant intéressant. Comprenons nous bien, la notion d’abonnement ne sous entend pas de souscrire quelque contrat que ce soit… Il s’agit juste de cliquer sur un bouton pour signifier que l’on désire voir sur son mur d’actualités – ce qu’on appelle la “TimeLine” – toutes les publications du compte auquel on s’abonne. La deuxième différence, c’est donc ce concept de tweets, messages courts de 140 caractères maximum, l’unique chose que l’on peut publier sur le réseau. Dans l’idée de base, point de vidéos ou de photos, des messages courts et puis c’est tout. Dans les faits… c’est un peu différent, les tweets servant très souvent à partager des liens vers des articles que l’on vient de trouver.

Supposons, par exemple, qu’on s’intéresse à la politique et à l’actu. Une fois créé son compte Twitter, on peut commencer par s’abonner aux tweets des différents journaux et partis politiques présents sur le réseau – soit tous, grosso modo. Au delà des partis, on peut aussi s’abonner aux tweets de personnalités politiques elles mêmes. Il reste toujours à prouver que ce sont bien eux qui les écrivent, mais la question n’est pas là, tant que les publications sont pertinentes… Ceci faisant, on peut facilement avoir déjà une trentaine ou une quarantaine d’abonnements. Et on n’est qu’au premier jour.

Une autre caractéristique importante de Twitter, c’est la possibilité de retweeter. Autrement dit, quand on lit un tweet intéressant, en un clic, on peut le republier à destination de tout les gens abonnés à nos publications. Donc… si vous me suivez… quand on s’abonne à un compte intéressant, on peut aussi voir ses retweets, autrement dit des publications d’autres comptes qu’il a trouvé intéressantes. Partant de là, on peut aller voir toutes les publications de ce compte que l’on ne connaissait pas, et si il s’avère que l’on aime bien ce qu’il publie, on peut s’y abonner.

Je vous laisse imaginer le nombre de comptes auxquels on peut rapidement se retrouver abonné. Et étant donné que la simplicité de Twitter incite à partager beaucoup de choses… En moins de temps qu’il n’en faut pour le lire… on se retrouve un peu noyé.

On retombe un peu sur le problème de la chronique numéro 5. Vous l’avez lue entretemps non ? Parce que si vous ne faites pas d’efforts hein… on ne va pas y arriver ! Trop d’infos, tue l’info. Et c’est là qu’intervient ce fameux nouveau concept que j’évoquais en introduction. La curation. J’ai été un peu long pour y arriver, mais vous comprendrez qu’il fallait bien que je plante le décor.

Dans le vocabulaire anglo-saxon, le “curator” désigne en gros un conservateur, dans une galerie ou un musée par exemple. C’est celui qui va faire un travail de veille et de rassemblement de différentes œuvres d’un artiste ou autour d’un thème donné. Sur internet, le rôle du curateur, sera un peu similaire. Partant d’un sujet particulier, il va s’agir de faire un tri dans la masse d’articles, issus de journaux en ligne, de blogs, ou de n’importe où ailleurs, afin de mettre à disposition des personnes intéressées ce que l’on aura jugé comme le minimum réellement utile et pertinent. N’allez pas croire que ce rôle est l’apanage de quelques happy few. Je vous rappelle que nous sommes dans le web 2.0. Everybody-to-Everybody. Depuis quelques mois, une nouvelle génération de plateformes – des plateformes de curation, donc – a émergé sur internet de sorte que nous pouvons tous aujourd’hui être des curateurs.

Comme je vous le disais, je viens juste de découvrir le phénomène, dans la mesure où on commence à pas mal en entendre parler. Je manque donc de recul pour exprimer un point de vue dessus. Je le ferai éventuellement dans une prochaine chronique, maintenant que vous savez de quoi on parle – merci qui ? Je peux toutefois vous donner quelques illustrations pour que vous vous représentiez la chose.

Commençons par le site Paper.li, par exemple. Une page un peu au hasard, Le Journal de l’Environnement. Qu’est ce donc ? Et bien cette page correspond au compte d’une personne, intéressée selon toute vraisemblance par l’environnement, et qui compile ici, via les fonctionnalités de cette plateforme, les publications de plusieurs personnes qu’elle a sélectionné et qui traitent de l’environnement. Comme le libellé l’indique, la chose s’apparente à un vrai journal, et la personne qui a crée le compte joue d’une certaine manière un rôle de rédacteur en chef.

Prenons un autre exemple. Une plateforme française tout récemment créé, nommée Scoop.it!. Petite vidéo de présentation – en anglais.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Bnr6QKKcsII[/youtube]

Je ne sais pas si vous percevez l’idée mise en avant. Elle est toute simple. C’est la possibilité pour tout le monde d’administrer un site, sans avoir rien à dire, et sans même avoir quoi que ce soit à écrire. Il est simplement question de compiler des liens ou des articles sur un sujet donné, et de partager cette compilation.

Je ne vais pas développer d’avantage aujourd’hui. Ce billet est déjà bien long. Mais j’y reviendrai avant longtemps, quand j’aurai un peu plus digéré la chose. Si j’ai pu quelque peu éveiller votre intérêt… n’hésitez pas à y penser d’ici là… La curation, concept génial pour faire un peu de tri dans l’immensité internet, ou porte ouverte à toujours plus de “pollution” ?

Je vous pose la question. Parce que moi, pour le moment… je ne le sais pas…

(Pour avancer un peu dans la réflexion, je vous recommande déjà la lecture de ce petit billet amusant : http://owni.fr/2011/02/13/non-a-la-curation/)

La chronique du week-end #15 – Qui ne sait rien, de rien ne doute.

Mona Lisa par Dali - 1954

Mona Lisa par Dali - 1954

Salut lecteurs. Je vais être direct, tel que vous me lisez, je suis en plein désarroi. J’ai le profond sentiment que le monde nous échappe. Une impression tenace que plus rien n’est sous contrôle. Il semble que désormais tout soit possible, sans limite… Les repères disparaissent… Les derniers phares s’écroulent. Je ne sais pas vers quoi nous allons, mais je suis lentement mais surement gagné par la peur.

Pour vous dire, j’ai perdu toute certitude quand au fait qu’il reste encore un pilote dans l’avion. Enfin, entendons nous bien, ce n’est qu’une façon de parler. Il est bien évident que les jets qui promènent gracieusement nos ministres en vacances ne décollent pas tout seuls… Mais alors même que la vague révolutionnaire prend de l’ampleur, on dirait bien que le monde dérive.

Vous voulez des exemples ? Aucun problème. Je n’ai qu’a piocher dans les dépêches qui sont tombées cette semaine.

Pour commencer, des chercheurs italiens viennent de déclarer que la Joconde serait un homme. Rendez-vous compte. Peint à l’aube du XVI ème siècle par Léonard de Vinci, accroché pour la première fois au Louvre en 1798, des millions de personnes viennent admirer chaque année le portrait de celle que l’on prenait jusque là pour Mona Lisa. Et voila l’hypothèse remise en cause.  Il s’agirait en fait de Gian Giacomo Caprotti, le jeune assistant de Léonard, que l’on soupçonne également d’avoir été longtemps son amant. La ressemblance entre les portraits certifiés du garçon et l’œuvre la plus connue au monde ne laisserait aucun doute… quel choc. Les plus grands experts en Joconde en restent  joconds. Notez… si c’était vrai… inutile de s’interroger plus longtemps sur la signification du fameux sourire énigmatique… le Giacomo se gausse simplement de notre erreur depuis cinq siècles.

Quoi d’autre ? Accrochez-vous bien. Carla Bruni Sarkozy, la première dame de France, l’a déclaré officiellement, elle n’est plus de Gauche. Non non, je ne plaisante pas. Son annonce est sans ambiguïté. Il vous faudra sans doute un peu de temps pour digérer la nouvelle. Moi même, je vous l’avoue, je m’en remets difficilement. C’est inimaginable… je n’ai rien vu venir… Alors certes, comme c’est brillamment exprimé dans la chronique de François Morel de vendredi dernier, le paysage politique français s’en trouve totalement bouleversé. Ça va être compliqué, mais il nous faut accepter les choses comme elles sont et trouver malgré tout la force de rebondir.

Ça ne vous suffit pas ? Il vous en faut encore ? Mais allons y… Le ministre de l’Education Nationale, Luc Chatel, lance l’ambitieux projet d’apprendre le calcul mental à l’école primaire. Quelle claque mes amis. Sans déconner, jusque là je pensais naïvement que depuis Jules Ferry c’était déjà le cas… Additions, soustractions, tables de multiplications récitées par cœur… Je réalise aujourd’hui à quel point j’étais dans l’erreur, et combien j’ai été éduqué dans un établissement des plus privilégiés ! Bang ! Une certitude de plus qui vole en éclat. Ça fait déjà beaucoup. Ne nous voilons pas la face, cette semaine laissera des traces…

Allez, une petite dernière. La Voix du Nord nous en a apprit une belle. Chez Tati, utiliser ses bons d’achat cadeau pour… ben pour faire des achats… peut conduire à votre licenciement. Comme je vous le dis. J’en suis effaré. Je me demande, du coup, si je ne cours pas un trop gros risque, moi qui me balade chaque jour avec sur moi un carnet de Tickets Restaurant ! Très honnêtement, je ne suis pas sur de résister à la tentation de m’en servir pour me payer à manger un jour ou l’autre. Et je ne tiens pas spécialement à avoir des ennuis… Je devrais peut être envisager de m’en débarrasser sans attendre.

Sacrée semaine. Et il faut se rappeler que le mois de janvier n’avait déjà pas été triste. Éclatait au grand jour une sinistre vérité : se soigner tue. Et oui, la chose est quelque peu bouleversante. On savait pour le tabac, l’alcool, la vitesse et la guerre… On se doutait pour la malbouffe et le cyclisme de haut niveau… Et bien sur la liste des choses mortelles, il faut maintenant rajouter les médicaments. Si vous en avez chez vous, je vous appelle à la prudence, sérieusement. Enfin, sauf pour l’homéopathie. Étrangement, elle ne semble pas concernée pour le moment.

Je vous le disais en introduction, la situation nous échappe. A tel point que je commence à douter de tout. Et si le temps n’était pas de l’argent ? Et si le travail n’était pas la santé ? Et si la disparition du chat de la mère Michel n’était qu’une sombre affaire d’arnaque à l’assurance ? Dites moi… Que croire ? Qui écouter ? Je ne sais pas… je ne sais plus… je suis perdu. Comprenez moi. Sous une carapace d’homme solide, j’ai ma fragilité. Et comme tout le monde, j’ai besoin de repères. Mais le temps passe et à ce rythme, je n’en aurai bientôt plus.

A un moment donné, pour aborder un autre sujet, j’avais cru comprendre qu’un des volets de la politique menée dans notre pays était de montrer la réussite en exemple. Je dis bien “j’avais cru”. Parce que dans les faits… je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit le cas. Sinon il va falloir m’expliquer un phénomène étrange… Pourquoi nous les briser en discutant de la prestation minable de l’équipe de France de Football en Afrique du Sud pendant des mois, et classer le dossier du quatrième titre de Champions du Monde de l’équipe de France de Handball en deux jours ? Hein, pourquoi ? Tout ça n’a aucun sens… Si ce n’est éventuellement que les jeux de mains ne sont que des jeux de vilains. Mais même ça… depuis le but de Thierry Henry… j’en doute fortement…

Je pense que vous l’avez compris : j’ai grand besoin de certitudes. Des petites choses toutes simples. Savoir par exemple qu’en hiver, sur les Alpes, tombe la neige, me rassurerait. Vous dites ? Il n’y a que le soleil qui brilloit ? Damned. Vous ne m’aidez vraiment pas…

Autre chose alors. Il serait bon d’être sûr que le sens de l’honneur et de la dignité priment encore sur la soif de pouvoir. Que, de fait, mensonges et scandales à répétition conduisent les responsables politiques à démissionner. Non plus ? Mais alors quoi à la fin… Ce pourrait-il que la loi ne stipule pas ? Que le Coca-Light soit bien plus mauvais que le Coca ? Que le nucléaire ne soit pas une énergie propre ? Que le père Noël… Vous me fatiguez ! Je crois que je vais arrêter de discuter avec vous. Vous ne vous en rendez peut être pas compte mais vous êtes beaucoup trop négatifs.

Au lieu de ça je vais me dépêcher de conclure cette chronique et d’aller me coucher pour faire une bonne nuit. Car l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Demain j’irai célébrer la valeur travail. J’en ferai plus pour gagner plus. Et je consommerai gaiement pour générer de la croissance. Et finies les prises de tête. Le bonheur est à la portée de qui se donne un peu les moyens. D’ailleurs pourquoi vous n’en feriez pas autant ? Je vous pose la question… Parce que pour l’heure franchement moi… Je vous le dis comme je le pense… Je ne sais vraiment plus rien…

PS : j’ai emprunté le titre de ce billet à Pierre Gringore.

La chronique du week-end #13 – Et là, c’est le tram. Belsunce breakdown.

Tramway (Marseille / Cours Belsunce)

Tramway (Marseille / Cours Belsunce)

Vendredi, dernier moment, page blanche, tout ça… Pour un peu ça deviendrait presque une habitude. Que voulez-vous, c’est bien beau de se fixer l’objectif d’une chronique hebdomadaire, mais il faut bien réaliser à un moment donné que ça implique d’écrire chaque semaine. Et ça, ça fait mal. Enfin, pas de panique… encore une fois, ça tombe relativement bien… j’ai un gros coup de gueule à passer. Et vu comme je vois rouge, ça va encore balancer sévère.

Oui, bon, j’en fait un peu des caisses. En vrai la chose ne m’atteint qu’à peine, tant il est vrai que mon flegmatisme tranquille n’est pas dénué de placidité. Mais s’il en était autrement… soyez assurés  que j’aurais déjà entamé la tournée des torgnoles. Parce que si je suis tout disposé à convenir que la vie n’est pas grave… vient un moment, tout de même, où on pourrait envisager de cesser un peu de déconner.

On lutte tous un peu à notre manière contre la connerie, quelque part. Elle ne devrait plus exister d’ailleurs, depuis le temps qu’on lutte. Mais voilà, le problème, et il est de taille, c’est que nous ne la voyons pas tous aux mêmes endroits. Donc en vérité nous luttons un peu tous les uns contre les autres. Et ça n’avance guère. Si ça se trouve, dans une certaine mesure, il suffirait que l’on arrête tous de lutter pour régler en partie la question. Allez savoir. Enfin ça n’est pas exactement l’objet du débat. Je voulais juste meubler un peu. Au passage, je vous recommande la lecture de “Mort aux cons” qui m’a bien fait marrer il y a quelques mois.

Vous vous souvenez de Marcel, que j’évoquais dans la chronique n°8 ? Il habite Marseille. Et au quotidien, quand il ne marche pas, il prend le tram. C’est merveilleux le tram. C’est certes moins rapide que le métro, mais il y a un avantage indéniable, la vue. Pas de galerie en sous-sol, de marches, d’escalators… Le tram a les pieds sur terre et c’est quand même plus sympa. Enfin ça ce n’est que mon avis. Et, dans la mesure où vous pouvez aussi aller vous faire voir, vous n’êtes pas tellement obligés de le partager. Je plaisante, évidemment. En vérité bien sûr que vous êtes obligés. Ça n’est pas la Tunisie libérée ici. Enfin ça n’est pas exactement l’objet du débat non plus. Je voulais juste meubler un peu.

Vous dites ? Je meuble beaucoup ? Ah… ça s’est donc vu. Et bien oui, soit, je meuble beaucoup. Mais bon, mon sujet cette semaine est plutôt léger au départ, aussi, il faut dire. Alors je fais ce que je peux. Je digresse,  je tourne autour du pot, je temporise, je fais diversion. Mais d’accord… d’accord, puisque vous me prenez sur le fait, j’y viens.

Il existe une règle de base dans un tram. Notez que cette règle, au sens large, pourrait valoir aussi pour un tas d’autres choses, comme par exemple une boite de petits pois ou de haricots verts. Vous connaissez la différence entre les deux d’ailleurs ? Et bien simplement, les petits pois sont rouges. Passons… ça n’a toujours pas de rapport avec la fameuse règle dont je parle et que je vais vous exposer enfin sans plus attendre. Un tram, c’est un espace limité avec un nombre tout aussi limité d’ouvertures. Par conséquent, et sans rentrer dans les détails scientifiques dont nous n’avons que faire, tout le monde peut comprendre que, pour que “ceux-là qu’ils veulent rentrer dedans” il puissent rentrer dedans, il faut préalablement que “ceux-là qu’ils veulent sortir dehors” ils sortent dehors. Vous me suivez ? Exemple.

Marcel est d’un naturel très paisible de manière générale. D’autant plus quand il restait du café le matin dans la salle de pause. Quand il quitte son boulot, il lui arrive de passer au Centre Bourse faire une course. Quelquefois il y va à pied. Mais le plus souvent, pour avoir le temps de faire le tour des rayons avant la fermeture, il prend le tram. Et il descend donc à Belsunce…

Le cours Belsunce. Fleuron des quartiers phocéens, coincé entre la Gare et le Vieux Port comme disait l’autre (Belsunce Breakdown). Trait d’union entre la Porte d’Aix – et son Marché du Soleil -, et la Canebière un brin défraichie – mais on l’aime bien quand même. Un des seuls endroits que je connaisse où on peut s’acheter des baskets neuves à prix cassé tous les dimanches de l’année. Mais… en l’occurrence ça n’est pas ce qui intéresse Marcel.

Parce que Marcel, des baskets, il en a déjà. Alors il s’en fout. En plus on n’est pas dimanche. Non, là il veut juste aller faire un tour au Centre Bourse, et pour l’heure il est dans le tram. Il remonte la rue Colbert. Et son angoisse, imperceptiblement, monte aussi. Le tram tourne au bout de la rue… et approche de l’arrêt…

Et là Marcel les voit. Et eux voient le tram. Et l’angoisse devient alors palpable. Il va falloir du courage. Ça s’annonce serré. D’ailleurs autour de Marcel ça s’agite. Le compte à rebours est commencé. Pas sûr que tout le monde s’en sorte.

Le tram ralentit. Et dehors ça s’entasse. Mais combien sont-ils ? Mon dieu. Tout ça…

Les portes s’ouvrent. Et j’en reviens à la règle énoncée plus haut. Ces gens là… ils ne la connaissent pas. La logique voudrait que la masse du dehors attende un moment sur le côté. Mais pas là, allez savoir pourquoi, ils sont pile en face. C’est bête. Mais c’est comme ça.

Et Marcel sait, malgré tout, qu’il doit agir. Inimaginable de rester immobile et d’attendre, car il descend ici. Alors Marcel inspire un grand coup. Erreur stupide. Le tram c’est cool. Mais c’est rempli de gens qui travaillent. Et en fin de journée, quand on est au milieu de gens qui ont travaillé, dans un environnement quelque peu confiné… il ne faut  pas inspirer un grand coup. Total, le coup, c’est Marcel qui l’accuse un peu… Mais il n’a pas vraiment le temps d’y penser… car derrière ça pousse. Ceci dit, devant, ça bloque.

“Ecoutez tas de cons. Qui êtes toujours en face. Vous voyez bien qu’on sort. Vous aurez tous une place… écartez vous deeeee suite, sinon je vous fracasse.”

C’est ce qu’il faudrait dire. Et balancer des claques. Mais Marcel est sociable.

Alors il se fraye un chemin, en bousculant au passage. Petite feinte à gauche. Blocage. Contournement. Accélération. Coup d’épaule. C’est technique. Dans la petite contre allée les voitures passent. Il ne faut pas se laisser emporter par son élan.

Arrivé au calme, Marcel se retourne. Et il contemple les portes, qui restent ouvertes quelques longues secondes. Et encore quelques personnes qui rentrent… tranquillement. Et il se demande.  Il se demande qui sont ces gens qu’il a bousculé. Quelles sont leurs angoisses. Et surtout une… Quelle est cette putain d’angoisse qui pousse ce tas d’huitres à s’agglutiner devant cette porte et à bloquer ceux-là qui sortent ? C’est quand même quelque chose. La médecine fait quoi pour eux ?

On laisse sortir les gens, et après on rentre. Le chauffeur ne fermera ses portes sur personne. Qu’est ce qui n’est pas clair sérieusement ? Ahhh…  attendez… j’ai peut être une explication ! En fait, ces gens, ils sont peut être juste très chaleureux. Peut être qu’ils aiment le contact viril des corps qui se croisent violemment. C’est juste un gros kiff.

Ouais. Et donc Marcel… si on va par là… il doit subir une meute de détraqués sexuels à chaque fois qu’il veut faire une course au Centre Bourse ? Et puis quoi encore. Qu’ils fassent du rugby ! Ils pourront même partager des douches.  Non, franchement.

Notez que dans les bus, on a réglé le problème. Je ne sais pas chez vous… mais ici on rentre par l’avant, et on sort par l’arrière. Enfin quand on valide un ticket du moins. C’est pas con. Ça demande un peu d’organisation dans le bus. Un peu d’anticipation. Mais c’est pas con. On pourrait presque imaginer la même chose dans le tram. Oui mais… ne serais-ce pas céder à la facilité ? Se défausser de la noble tache d’apprendre à celui qui ne sait pas ? Je me demande. Si ça se trouve, la vraie solution, c’est bel et bien les claques.

Ou alors parler ? Difficile. Dans la situation… très peu de temps. Il faudrait être extrêmement synthétique avant qu’ils ne filent. C’est coton. Par contre…

Marcel pourrait écrire un tract. Un petit tract. Pas agressif. Pédagogique. Et même… avant d’imaginer donner une leçon… il pourrait essayer d’obtenir des réponses, en laissant une adresse email. Il en garderait toujours quelques uns dans son sac. Et au moment opportun, il en distribuait un ou deux aux phénomènes qui se présenteraient face à lui.

Allez savoir… les réponses pourraient être amusantes… vous m’aidez ? Vous pensez qu’on pourrait changer un petit quelque chose comme ça ?

Je vous… question… parce que… pas.