Tu sais lecteur… de manière générale, je n’ai pas la prétention de donner des leçons à qui que ce soit. J’ai rarement le sentiment de détenir la vérité, tout ça. Ceci dit, laisse moi quand même te dire une bonne chose que j’ai comprise. La vie, c’est avant tout des convictions ! Enfin… disons que j’en suis presque sûr. La plupart du temps. Alors, pas plus con que la doyenne, j’ai les miennes. A commencer par une. Notre monde, il part en couille. Ah bon ? Tu le savais déjà ? Mince.
Il faut dire aussi que je n’invente rien. Plus les années passent et plus on le dit partout. Trop d’émissions de gaz à effet de serre, trop de déchets dont on ne sait que faire, trop de ressources utilisées… nous sommes simplement en train de condamner nos descendants.
Je ne me fais pas spécialement de soucis pour la planète elle même. La nature, ça s’adapte et ça se renouvelle en quelques millions d’années – ce qui à l’échelle de l’Univers n’est rien. La Terre existait avant nous et survivrait à notre disparition. Car c’est de ça qu’il s’agit. La disparition de l’espèce humaine.
Alors oui, je sais… toujours le catastrophisme écologique… la culpabilisation… la mauvaise conscience… et toutes ces choses. Qu’est ce que vous voulez que je vous dise. Il ne s’agit pas d’arrêter de parler du problème pour qu’il disparaisse. Si ce n’est le regarder en face, je ne vois pas vraiment quoi faire. On est quelque chose comme sept milliards d’humains. Et les ressources de la Terre ne sont pas suffisantes pour que tout le monde vive comme nous vivons aujourd’hui dans les pays développés. C’est comme ça. Ça n’est probablement pas de votre faute. Je ne pense pas que se soit spécialement de la mienne. Mais c’est un fait.
Bien sûr, on peut s’en foutre. On peut toujours s’en foutre. De ça comme du reste. Prenez par exemple le mariage prochain du prince William en Angleterre. Et bien il faut savoir qu’à titre personnel, sauf le respect dû à la famille royale, je m’en tamponne ouvertement le coquillard. Mais les enjeux écologiques de notre civilisation, ça… et bien ça m’intéresse un peu. Autant le dire franchement… je ne suis expert en rien et je n’ai pas de solution géniale à proposer. Mais bon, encore une fois j’avais envie d’ouvrir un peu ma gueule, et de mettre deux ou trois trucs sur la table.
Je le disais un peu plus haut, quand on écoute le discours écologiste il ne faut généralement pas longtemps pour qu’on commence à culpabiliser. En ce qui me concerne, j’ai des micros crises de culpabilité à peu près tous les jours. Quand je traine un peu sous l’eau chaude de la douche… Quand je reste avec dans les mains quinze emballages carton ou plastique après rangement des courses… Quand je pompe du courant pour alimenter en même temps ma machine à laver qui tourne, mon ordinateur, ma livebox, ma télé et son décodeur, mon smartphone qui se recharge et ma vieille lampe halogène.
Alors je pense à un truc pour m’apaiser un peu. Ce qui fait peur dans toute vaste tache, c’est de l’envisager dans sa globalité. Mais si on se concentre sur des petits gestes… et qu’on les met bout à bout… on pourrait bien s’apercevoir qu’une partie du compte y est déjà. Peut être que je pourrais, sur ce blog, compiler pas à pas des petits gestes simples qu’on peut tous faire. Beaucoup sont déjà connus. Mais les fait-on ?
La base de tout, en ce qui concerne chacun d’entre nous, ça me parait être la gestion des déchets. Le tri, bien sûr, déjà. Mais aussi la réduction. Générer moins de déchets.
Un exemple. Quand je me balade en ville, j’ai généralement un sac besace en bandoulière. C’est pratique. Parce que quand je fais des petits achats, je ne prend pas de sac. Rien qu’en comptant les bouquins et bandes dessinées de Virgin ou de la Fnac… ça fait déjà un sacré nombre de sachets plastique utilisés en moins. En fait un compte insignifiant. Mais reproduit soixante millions de fois, ça claquerait quand même. Enfin, sans aller jusque là… si juste toi, à supposer que tu ne le fasses pas déjà, tu adoptais le geste… on lancerait un truc de dingue. Tu seras gentil d’y réfléchir s’il te plait. Et vite.
Parce que voila quoi, l’écologie c’est à la portée du dernier des cons – non non, je le dis pas pour toi… Ressources limitées. A la limite pour commencer, il n’y a que ça à retenir. Nous consommons trop. Il faut faire baisser la moyenne. Et déjà celle de la production d’emballages. Après soyons clairs. Un geste écologique qu’on fait d’un côté, peut très facilement être neutralisé par quelque chose que l’on fera par ailleurs. C’est sûr, pour accessible qu’elle est, l’écologie est une réflexion de tous les jours. Mais un petit geste dans l’absolu, c’est toujours mieux que pas de geste du tout.
L’été dernier, sous le soleil de l’Hérault, un ami me parlait du mouvement Colibris, Mouvement pour la terre et l’Humanisme qui progresse sous la houlette d’un pionnier du Bio, Pierre Rabhi. On peut parler de Décroissance, de Simplicité Volontaire, de Sobriété Heureuse… La philosophie de base est de réduire drastiquement notre empreinte écologique.
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »
Je crois que l’image est claire. Notre société a besoin d’une collaboration de chacun. Pas seulement bien sûr. Mais il me semble que rien ne peut vraiment changer dans le domaine environnemental si l’écologie ne devient pas pour tous un réflexe. C’est un peu du prosélytisme vous me direz. Oui, peut être un peu, mais “si y’en a que ça les dérange” hein…
Bref. Voila, c’est décidé. Je publierai régulièrement ici des idées écolos du jour trouvées à droite ou à gauche. Voire même dans ma tête. Enfin je ne promets rien. D’ailleurs n’hésitez pas à balancer les vôtres. Bien sûr ces idées je tâcherai de commencer pas les appliquer moi même, sinon ça ne vaut rien. On est en janvier. Imaginez ce qu’on peut faire ensemble d’ici à décembre prochain… Et puis éventuellement, on parlera de ce que pourrait être l’esprit écologiste. Fourmis que nous sommes.
Parce que tu vois mon ami… rapport aux convictions que j’évoquais plus haut… et bien je me suis laissé convaincre que réduire l’écologie au tri sélectif dans les poubelles colorées et aux carottes bios pleines de terre, c’est au moins aussi ridicule que de réduire le cinéma français à “Bienvenue chez les Ch’tis”. Partie émergée de l’iceberg… qui fond à vue d’œil. Il y a du taf. Franchement le présent, c’est pas beau à voir. Il ne faut pas se mentir, le virage de nos sociétés, il serait souhaitable qu’il arrive maintenant tout de suite, parce qu’actuellement on fonce dans un mur. On doit grandir un peu. Il se pourrait même qu’on doive utiliser nos tronches.
Je vais le dire pour qu’on soit clair : je suis loin d’être un parfait exemple dans le domaine. A l’heure actuelle, si je mets de côté verre et carton, je ne trie pas encore 100% de mes déchets. Si je veille autant que possible à consommer de saison et “origine France”, je fais la plupart de mes courses en supermarché. Mais j’ai la volonté de faire évoluer mon comportement, étape après étape. Tu es peut être au quotidien quatre fois plus écolo que moi. Si c’est le cas je te félicite. Sinon… on peut éventuellement essayer de s’y mettre ensemble.
Allez, tous, je vous laisse j’ai un train à prendre et peut être même que je l’aurai. Rendez-vous prochainement pour développer le sujet de cette chronique. En attendant soyez raisonnables. Je sais bien que c’est les soldes mais… soixante dix pour cent de réduction sont ils une bonne raison pour acheter ce dont vous n’avez pas besoin ? Je vous pose la question. Même si moi… j’ai une petite idée.

Tu l’as écrit, surtout ne nous érigeons pas en donneurs de leçons.
J’espère que la plupart des gens réalise à qu’elle point notre mode de vie, basé sur la frustration de ne pas avoir, est absurde, mais j’en doute.
Essayez juste de voir pendant combien de temps votre dernier achat vous à fait plaisir, et qu’est ce qui l’a réellement motivé.
Deux pistes que je creuse aujourd’hui :
Comment me procurer ce que je désire sans que cela ait été produit à 8000 km ? Y comprit une pomme hein !
Qu’est ce qui m’a donné envie de d’acheter tout les trucs que je possède ??
En période de soldes c’est du sport ! Et le sport c’est bon pour la tête !
Conclusion : on peut trouver de la satisfaction dans la réduction de son empreinte écologique, pour moi, cette question là est résolue, encore que ….
La fourmi Héraultaise.
Mon cher Mitouf ! Une bonne année à toi. Et merci pour les pistes. Tu es en fibre écologiste un vrai modèle d’inspiration.
J’espère bien refaire cette année un passage aux Remises à neuf. Et on viendra en nombre !
Histoire de débattre un peu… à propos des convictions.
Tu écris : “La vie, c’est avant tout des convictions ! Enfin… disons que j’en suis presque sûr. La plupart du temps.”.
Ben moi aussi, ma vie, c’est d’abord des doutes. Les convictions me font peur car elles engendrent des dogmes, des paradigmes. Elles s’inscrivent dans la logique aristotélicienne qui oblige, tôt ou tard mais toujours, à choisir son camp et en définitive à entrer en guerre contre un ennemi supposé qui est convaincu du contraire.
Au nom de convictions, de vérités définitives, on met à l’index (et parfois en joue) ceux qui ne pensent pas comme nous.
Par contre, je dirais plus volontiers que la vie c’est des choix. L’ardente obligation de choisir sa route, dans le brouillard, à partir de quelques données partielles et sans certitudes. Avec une carte qui n’est pas le territoire. En évitant, tant que faire se peut, les préjugés et les présupposés. Mais à contrario, rester immobile sous prétexte que l’on a pas toutes les données, c’est de toute évidence passer à coté de sa vie. C’est se cantonner dans un rôle de témoin, neutre, innocent de tout mais tellement coupable de n’avoir rien empêché ou, parfois même, d’avoir profité des circonstances.
Oui, je pense qu’il faut oser se tromper. Savoir que, peut être, on va se casser la gueule. Savoir se relever et repartir. Boiter un peu. Changer de route parfois. Un peu cabossé sûrement… Mais les blessures de la vie, n’est ce pas après tout ce qui nous rend humain ? Tout comme nos contradictions, qu’il faut bien apprendre à assumer ? Je pense effectivement qu’il vaut mieux être un tout petit acteur, comme le colibri de la légende, qu’un grand critique.
Mais la vie, n’est ce pas d’abord des valeurs ? Des bases solides, des fondations sur lesquelles on peut s’appuyer en toutes circonstances ? Des béquilles qui nous permettent de vivre debout ?
Bien sûr, les valeurs ne sont pas éternelles. Elles peuvent évoluer dans le temps, voire se révéler parfois dépassées. Ainsi le patriotisme, qui est nait avec la révolution française, avait tout son sens quand il fallait défendre la nation et les idées républicaines contre l’obscurantisme et la tyrannie. Il est un fait pourtant que cette valeur apparait aujourd’hui un peu désuète, tant le patriotisme a une connotation guerrière et symbolise le repli sur soi, le nationalisme et une fierté nationale très discutable, si on se réfère notamment à l’épisode colonial…
Moi je carbure à la démocratie, à la solidarité, à l’émancipation et à la loyauté.
Est-ce que ces valeurs résisteront à des siècles d’histoire ? Franchement, je n’en sais rien. Peut-être, si elles ne sont pas trop galvaudées. Sans doute, si l’on évite de trop verser de sang en voulant les imposer à ceux qui ne les partageraient pas, au nom justement de Convictions.
Certains diront, peut être, que ce sont des valeurs de gauche. Mais de cela, pas plus que d’autre chose, je ne suis convaincu. Il y a des hommes et des femmes, qui se disent de gauche, et qui me paraissent interpréter la démocratie, la solidarité, l’émancipation ou encore la loyauté, d’une manière qui leur est très personnelle. J’ai rencontré par contre des hommes et des femmes, qui se disaient de droite, et qui me semblaient appliquer plutôt bien ces valeurs humanistes.
Comme quoi rien n’est binaire en ce bas monde, n’en déplaise aux ayatollahs de tous bords. Et si ça doit l’être dans leurs paradis, eh bien ça sera sans moi.
Mais si on en est à parler de la manière de conduire sa vie et d’agir sur la société, moi j’aime bien me référer à ces vers de Brassens : “Gloire à qui n’ayant pas d’idéal sacro saint, se borne à ne pas trop emmerder son voisin”.
Cela paraît très peu, mais si on s’y met tous… Putain, c’est sûr…on va changer le monde !
Il faudra que tu m’expliques la différence entre valeurs et convictions !
Pertinente la question de Jean-No… Et perturbante aussi…
En fait, pour tout dire je ne me l’étais jamais posée, tant la différence entre valeur et conviction me paraissait évidente, à moi.
Du coup à me poser la question, il a quand même fallu que je réfléchisse un peu. Diantre, ne serais-je pas convaincu de mes valeurs ?
Cela doit nous inciter à être prudent avec les mots, connotés qu’ils sont, ces cons.
Ainsi, quand je dis que j’aime le conflit, la plupart des gens s’imagine que j’ai un gout immodéré pour la bagarre, moi qui ne me suis jamais battu (physiquement s’entend…) Alors qu’en tant que technicien des relations sociales, je veux juste dire que j’aime le conflit, comme un mécanicien prend du plaisir à trouver la panne et à la réparer.
Mais en s’égare, on digresse, on tourne, on vire et on ne répond pas à la question. En quoi valeurs et convictions sont-elles différentes ? C’est bien cela la question que me pose Jean-No, de manière particulièrement laconique. Moi, laconique, c’est un mot qui ne me caractérise guère…
Je vais donc répondre en expliquant en quoi, pour moi, ces deux concepts sont nettement différents tout en concevant qu’ils puissent ne pas l’être pour d’autres.
Pour moi, une valeur est d’abord, et essentiellement, une règle éthique qui a vocation à s’imposer à celui qui s’y réfère.
Quand je dis que la démocratie est une valeur sur laquelle je m’appuie comme sur une béquille, je ne me pose plus la question de savoir si la démocratie est la meilleure forme de gouvernement, la meilleure façon de prendre collectivement les décisions. Non, je ne me pose pas la question. C’est tranché. J’ai posé ce choix et je n’y reviens pas. D’ailleurs, si j’y revenais, cela reviendrait à enlever un étai qui soutient tout l’édifice avec l’assurance de me prendre quelques décennies de choix de vie sur la gueule. Et en général, ça fait mal. Tous les psy vous le diront.
Rien à voir, me semble-t-il, avec une conviction dont on dit que seuls les imbéciles ne changent pas.
De la valeur « démocratie » peuvent naître des convictions. Ainsi, au nom de la démocratie, certains veulent éliminer le FN qui est assimilé au fascisme, au franquisme, au nazisme, qui étaient des régimes qui niaient la démocratie. Ils sont convaincus que la meilleure manière de sauver la démocratie, c’est de ne pas laisser le droit de parole à ceux qui la combattent. Je peux comprendre leur position mais je doute qu’elle soit juste car j’y décèle comme une contradiction…
Quand je dis que la solidarité est pour moi une valeur, c’est sans doute la marque indélébile d’une éducation judéo chrétienne. Sans doute d’ailleurs plus chrétienne que judéo… Sa traduction chrétienne est la charité derrière laquelle il faut voir une obligation faite au chrétien de donner pour gagner son paradis, pour bénéficier de grâces divines, qui sont autant de bons points que l’on présente à Saint Pierre pour gagner son droit d’entrée. Dans l’action de charité, il y a évidemment une notion d’intérêt à long terme…
On pourrait aussi lui substituer l’expression, plus bouddhique, de compassion qui s’apparenterait plus à une communion spirituelle avec celui qui souffre et dont l’effet serait de le soulager en prenant pour soi une part de la souffrance.
La solidarité est donc la version laïque de la charité. Elle est intimement liée au concept de lutte de classes et à un combat pour s’émanciper d’une tutelle trop pressante de l’église sur les populations des campagnes qui migraient vers les fabriques. Une substitution du temporel à l’intemporel. Le terme à donc une connotation de lutte que j’accepte volontiers.
Pour autant, le concept de lutte de classes est passablement usé. Plus d’ailleurs sur la notion de classes que sur la notion de lutte, à mon sens. Où est aujourd’hui la classe ouvrière ?
Mais si j’ai fais le choix d’être plutôt du coté de celui qui est exploité que de celui qui exploite, est ce par conviction ? Est-ce parce que je m’estime moi-même exploité ? Je ne le pense pas. C’est encore une fois un choix qui s’est imposé à moi mais qui ne m’oblige pas à embrasser aveuglément toutes les causes et à être systématiquement pour ceux qui sont contre et qui se battent. S’ils sont convaincus d’avoir raison, j’avoue que je suis, pour ma part, plus circonspect quand il s’agit de m’engager.
Là encore, renier cette valeur, ça ne serait pas seulement changer d’avis, ça serait une sérieuse prise de tête avec ma conscience. Et dieu sait que cette salope est assez vigilante…
Je parlais d’émancipation. Voilà une valeur à laquelle je tiens tout particulièrement.
Corolaire de la démocratie, elle s’en distingue néanmoins par le fait que si la démocratie consiste à donner la parole à tous (un homme une voix… pour les femmes il a fallu attendre un peu), l’émancipation s’emploie à donner les éléments qui nourrissent la réflexion.
Les démocrates veulent donner la parole au peuple, les tenants de l’émancipation veulent lui apprendre à parler pour qu’il ne soit pas le porte voix de ses maîtres.
Là encore, afficher l’émancipation comme une valeur, c’est s’interdire le populisme, la démagogie, le mensonge, la manipulation. Et c’est d’autant moins facile que ceux que l’on souhaite émanciper par des propos suscitant la réflexion, portant contradiction, forçant au débat, n’ont pas toujours envie de sortir des convictions qu’on leur a soigneusement inculquées et préfèrent les propos simplistes, les schémas binaires du genre : « tu es avec moi ou contre moi » ou encore « choisi ton camp camarade ».
Je vois plus dans cette valeur une règle éthique qu’une conviction. Je suis d’ailleurs pas convaincu du tout que le monde fonctionnerait mieux avec 7 milliards d’êtres émancipés. Ca serait peut-être un beau bordel. Mais bon, moi l’émancipation c’est mon truc…
Quant à la loyauté, eh bien, je ne partage le point de vue de David. Point de conviction dans cette valeur là, me semble-t-il.
Pour moi, c’est, là encore, une règle éthique à laquelle on se contraint et à laquelle la notion d’honneur n’ait pas étrangère. Pour moi, être loyal, c’est avoir des exigences sur la parole donnée. C’est aussi être là où on vous espère parce que tout laisse à supposer que vous y serez. Et cela, au-delà des mérites que l’on peut accorder à une personne ou à une cause.
Être loyal, c’est oser dire que l’on n’est pas d’accord, plutôt que laisser croire pour ne pas faire de peine ou pour éluder le débat. Ce n’est jamais le plus facile.
Pour finir, loyauté, démocratie, solidarité… tout cela n’a pas le même sens selon les cultures et brandir ces valeurs comme des convictions, ne serait-ce pas estimer que nous avons raison dans notre acception du terme, à laquelle nous donnerions une vision universelle ?
Et puis merde, dans conviction il y a l’idée qu’on est convaincus et moi, les cons vaincus, ça ne me branche pas…
Voilà, maintenant, chacun fait comme il veut.
Bon, David, si tu trouves que mes commentaires sont un peu longs, tu me dis. Là, c’est la faute à Jean-No avec sa question à la con. Il a failli me faire douter…
Disons que… j’imagine que pour avancer correctement dans la vie, il ne faut jamais s’interdire de remettre en cause les convictions qui, a un instant T, ont provoqué notre mouvement.
Une conviction au fond… c’est ce qu’on a l’impression d’avoir compris quand on décide de suivre son instinct. Mais comme nos sens nous trompent. Ou plus simplement comme on en apprend tous les jours et que c’est à chaque fois une occasion de réviser son jugement…
J’ai quand même bien envie de rebondir sur la question de Jean-No : la différence entre valeur et conviction.
La loyauté par exemple. Il me semble qu’elle ne se départit pas de certaines convictions.
Wikipédia dit que “La loyauté est le dévouement envers une cause ou une personne”. J’extrapolerai en disant qu’on est loyal envers certaines personnes, parce qu’on les juge méritantes. Mais qu’est ce qui conduit notre jugement, sinon nos convictions ?
Hé oui ! bien dit même les petits pas font avancer, je partage complètement ton point de vue.
J’ai eu la chance d’assister à une conférence de Pierre Rabbi, un tout autre monde, pas si irréalisable que ça je pense, il faut juste exclure la loi du profit et bien intégrer le respect des autres et de la terre, sur laquelle nous ne faisons qu’un court passage même si l’on devient centenaire , et tout prend alors une autre tournure, si on enlève bien sur ce qui embue nos regards, la consommation à tout prix.
T’as eu ton train ?
Et oui je l’ai eu. Et j’étais même très large. Un bon jour : )
J’irai le voir le m’sieu Rabhi, quand je me lancerai dans le potager sur le balcon d’un appartement marseillais. Il semble riche d’enseignements !
Difficile de s’y retrouver, la machine à consommer est bien rodé, le marketing efficace, les messages contradictoires d’un côté la consommation est un moteur de notre société et d’un autre un élément qui pourrait bien lui nuire.
Pour ajouter quelques mots à tout ce qui a été dit, ces dangers on est conscient, mais ces dangers paraissent lointain et pas réellement perceptible d’où la tendance à la procrastination sur ce sujet.
Il y a aussi l’ère du temps où tout va très vite (un point qui a été mentionné dans ton article sur l’information). Je pense que cela impact pour prendre la mesure exacte de ce problème puisque la tendance est au court terme.
Bref, il y a du pain sur la planche.
Pour ceux qui ont une heure devant eux et envie de creuser un peu :
http://www.vimeo.com/16000409