La chronique du samedi #12 – No future où l’écolo gît.

Idée écolo

Idée écolo

Tu sais lecteur… de manière générale, je n’ai pas la prétention de donner des leçons à qui que ce soit. J’ai rarement le sentiment de détenir la vérité, tout ça. Ceci dit, laisse moi quand même te dire une bonne chose que j’ai comprise. La vie, c’est avant tout des convictions ! Enfin… disons que j’en suis presque sûr. La plupart du temps. Alors, pas plus con que la doyenne, j’ai les miennes. A commencer par une. Notre monde, il part en couille. Ah  bon ? Tu le savais déjà ? Mince.

Il faut dire aussi que je n’invente rien. Plus les années passent et plus on le dit partout. Trop d’émissions de gaz à effet de serre, trop de déchets dont on ne sait que faire, trop de ressources utilisées… nous sommes simplement en train de condamner nos descendants.

Je ne me fais pas spécialement de soucis pour la planète elle même. La nature, ça s’adapte et ça se renouvelle en quelques millions d’années – ce qui à l’échelle de l’Univers n’est rien. La Terre existait avant nous et survivrait à notre disparition. Car c’est de ça qu’il s’agit. La disparition de l’espèce humaine.

Alors oui, je sais… toujours le catastrophisme écologique… la culpabilisation… la mauvaise conscience… et toutes ces choses. Qu’est ce que vous voulez que je vous dise. Il ne s’agit pas d’arrêter de parler du problème pour qu’il disparaisse. Si ce n’est le regarder en face, je ne vois pas vraiment quoi faire. On est quelque chose comme sept milliards d’humains. Et les ressources de la Terre ne sont pas suffisantes pour que tout le monde vive comme nous vivons aujourd’hui dans les pays développés. C’est comme ça. Ça n’est probablement pas de votre faute. Je ne pense pas que se soit spécialement de la mienne. Mais c’est un fait.

Bien sûr, on peut s’en foutre. On peut toujours s’en foutre. De ça comme du reste. Prenez par exemple le mariage prochain du prince William en Angleterre. Et bien il faut savoir qu’à titre personnel, sauf le respect dû à la famille royale, je m’en tamponne ouvertement le coquillard. Mais les enjeux écologiques de notre civilisation, ça… et bien ça m’intéresse un peu. Autant le dire franchement… je ne suis expert en rien et je n’ai pas de solution géniale à proposer. Mais bon, encore une fois j’avais envie d’ouvrir un peu ma gueule, et de mettre deux ou trois trucs sur la table.

Je le disais un peu plus haut, quand on écoute le discours écologiste il ne faut généralement pas longtemps pour qu’on commence à culpabiliser. En ce qui me concerne, j’ai des micros crises de culpabilité à peu près tous les jours. Quand je traine un peu sous l’eau chaude de la douche… Quand je reste avec dans les mains quinze emballages carton ou plastique après rangement des courses… Quand je pompe du courant pour alimenter en même temps ma machine à laver qui tourne, mon ordinateur, ma livebox, ma télé et son décodeur, mon smartphone qui se recharge et ma vieille lampe halogène.

Alors je pense à un truc pour m’apaiser un peu. Ce qui fait peur dans toute vaste tache, c’est de l’envisager dans sa globalité. Mais si on se concentre sur des petits gestes… et qu’on les met bout à bout… on pourrait bien s’apercevoir qu’une partie du compte y est déjà. Peut être que je pourrais, sur ce blog, compiler pas à pas des petits gestes simples qu’on peut tous faire. Beaucoup sont déjà connus. Mais les fait-on ?

La base de tout, en ce qui concerne chacun d’entre nous, ça me parait être la gestion des déchets. Le tri, bien sûr, déjà. Mais aussi la réduction. Générer moins de déchets.

Un exemple. Quand je me balade en ville, j’ai généralement un sac besace en bandoulière. C’est pratique. Parce que quand je fais des petits achats, je ne prend pas de sac. Rien qu’en comptant les bouquins et bandes dessinées de Virgin ou de la Fnac… ça fait déjà un sacré nombre de sachets plastique utilisés en moins. En fait un compte insignifiant. Mais reproduit soixante millions de fois, ça claquerait quand même. Enfin, sans aller jusque là… si juste toi, à supposer que tu ne le fasses pas déjà, tu adoptais le geste… on lancerait un truc de dingue. Tu seras gentil d’y réfléchir s’il te plait. Et vite.

Parce que voila quoi, l’écologie c’est à la portée du dernier des cons – non non, je le dis pas pour toi… Ressources limitées. A la limite pour commencer, il n’y a que ça à retenir. Nous consommons trop. Il faut faire baisser la moyenne. Et déjà celle de la production d’emballages. Après soyons clairs. Un geste écologique qu’on fait d’un côté, peut très facilement être neutralisé par quelque chose que l’on fera par ailleurs. C’est sûr, pour accessible qu’elle est, l’écologie est une réflexion de tous les jours. Mais un petit geste dans l’absolu, c’est toujours mieux que pas de geste du tout.

L’été dernier, sous le soleil de l’Hérault, un ami me parlait du mouvement Colibris, Mouvement pour la terre et l’Humanisme qui progresse sous la houlette d’un pionnier du Bio, Pierre Rabhi. On peut parler de Décroissance, de Simplicité Volontaire, de Sobriété Heureuse… La philosophie de base est de réduire drastiquement notre empreinte écologique.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Je crois que l’image est claire. Notre société a besoin d’une collaboration de chacun. Pas seulement bien sûr. Mais il me semble que rien ne peut vraiment changer dans le domaine environnemental si l’écologie ne devient pas pour tous un réflexe. C’est un peu du prosélytisme vous me direz. Oui, peut être un peu, mais “si y’en a que ça les dérange” hein…

Bref. Voila, c’est décidé. Je publierai régulièrement ici des idées écolos du jour trouvées à droite ou à gauche. Voire même dans ma tête. Enfin je ne promets rien. D’ailleurs n’hésitez pas à balancer les vôtres. Bien sûr ces idées je tâcherai de commencer pas les appliquer moi même, sinon ça ne vaut rien. On est en janvier. Imaginez ce qu’on peut faire ensemble d’ici à décembre prochain… Et puis éventuellement, on parlera de ce que pourrait être l’esprit écologiste. Fourmis que nous sommes.

Parce que tu vois mon ami… rapport aux convictions que j’évoquais plus haut… et bien je me suis laissé convaincre que réduire l’écologie au tri sélectif dans les poubelles colorées et aux carottes bios pleines de terre, c’est au moins aussi ridicule que de réduire le cinéma français à “Bienvenue chez les Ch’tis”. Partie émergée de l’iceberg… qui fond à vue d’œil. Il y a du taf. Franchement le présent, c’est pas beau à voir. Il ne faut pas se mentir, le virage de nos sociétés, il serait souhaitable qu’il arrive maintenant tout de suite, parce qu’actuellement on fonce dans un mur. On doit grandir un peu. Il se pourrait même qu’on doive utiliser nos tronches.

Je vais le dire pour qu’on soit clair : je suis loin d’être un parfait exemple dans le domaine. A l’heure actuelle, si je mets de côté verre et carton, je ne trie pas encore 100% de mes déchets. Si je veille autant que possible à consommer de saison et “origine France”, je fais la plupart de mes courses en supermarché. Mais j’ai la volonté de faire évoluer mon comportement, étape après étape. Tu es peut être au quotidien quatre fois plus écolo que moi. Si c’est le cas je te félicite. Sinon… on peut éventuellement essayer de s’y mettre ensemble.

Allez, tous, je vous laisse j’ai un train à prendre et peut être même que je l’aurai. Rendez-vous prochainement pour développer le sujet de cette chronique. En attendant soyez raisonnables. Je sais bien que c’est les soldes mais… soixante dix pour cent de réduction sont ils une bonne raison pour acheter ce dont vous n’avez pas besoin ? Je vous pose la question. Même si moi… j’ai une petite idée.

La chronique du samedi #6 – Ne dites pas soupe populaire, mais bouillon de culture.

La Cuisine Francaise | LeRoy Neiman

La Cuisine Française | LeRoy Neiman

Ça y est, c’est fait ! Notre président l’avait promis, il a retroussé ses manches, aussi courtes soient elles, et c’est maintenant un acquis, n’en déplaise à ses détracteurs. La reconquête de la grandeur perdue de notre pays est en marche. Le redorage de notre blason vient de connaitre une avancée considérable. Et il ferait beau voir, Simone, que l’on ose encore se moquer de nous. Le “repas gastronomique des Français” vient d’être classé au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCOcorico !

Qu’est-ce à dire ? Tout simplement qu’il est maintenant reconnu mondialement que chez nous en France, chaque repas, et surtout les repas de fête, implique des préparatifs et rituels inscrits dans la culture populaire. Oui oui oui.

Prenez nos voisins belges, par exemple. Je n’ai absolument rien contre eux hein, que ce soit clair d’entrée de jeu. Et bien, quand ils mangent des moules et des frites, les Belges, c’est parce qu’ils ont faim. Vous voyez le truc ? Ils ont faim, ils mangent. Bon, ok, malgré toute l’amitié que j’ai pour eux, c’est juste des Belges. Mais si je prend un autre exemple… heu… les Italiens tiens, qui sont aussi nos voisins. J’en ai encore moins contre eux que contre les Belges, vu le premier ministre qu’ils se payent. Enfin, ce n’est pas triste non plus la politique en Belgique… mais bon, de ça on parlera éventuellement une autre fois. Donc, quand ils mangent des pizzas les Italiens, et bien c’est comme pour les moules et les frites, c’est parce qu’ils ont faim. Et je pourrais en citer des dizaines des exemples comme ceux là. Mais ça m’énerve, surtout quand j’en arrive aux Espagnols avec la paella, alors je préfère m’arrêter là.

En France, quand on mange, c’est culturel. Et ça, c’est absolument imparable. Car la culture, c’est comme la confiture, la confiture on la donne aux cochons, et dans le cochon, tout est bon. CQFD, fin de la discussion.

Non, sérieusement… là je persifle… mais cette histoire mérite qu’on s’y penche un peu. Il faut bien comprendre de quoi on parle. Moi j’ai fait un rapide tour du net pour appréhender un peu mieux le sujet. Déjà l’UNESCO, qu’est ce que c’est ? C’est l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture – mais en anglais. Basée à Paris c’est une organisation qui, en tant que telle, a été fondée comme l’ONU au sortir de la 2ème Guerre Mondiale en 1945. Son but, en raccourci : “contribuer au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde en resserrant, par l’éducation, la science, la culture et la communication, la collaboration entre [les] nations.” Alors ces gens là font un tas de trucs. Si vous tenez vraiment à le savoir vous trouverez sans problème. Mais ils sont surtout connus pour une commission, qui depuis 1972 établit une liste, celle du patrimoine de l’humanité. Quoi le journal ? Mmm… taisez-vous, merci. L’objectif poursuivi est de cataloguer, en vue de leur conservation, les biens dits culturels ou naturels d’importance pour notre héritage commun. Cette liste, à ce jour, recense 911 biens dans 151 états.

Dans la logique, tous ces sites répertoriés n’appartiennent pas à un peuple en particulier, mais à l’humanité toute entière. Et au nom de cette universalité, le devoir de chacun est de veiller à les préserver. Bon, que les Îles sub-antarctiques de Nouvelle-Zélande se rassurent, je n’avais pas dans l’idée d’aller les saccager prochainement.

Ok, mais quel rapport avec la choucroute me direz vous ? On y vient. En parallèle des biens matériels, l’UNESCO a décidé, plus récemment, de s’intéresser au patrimoine culturel immatériel. C’est ainsi que, depuis 2006, quelques 166 éléments culturels ont été classés, dans le but d’être préservés à jamais. Histoire qu’on n’ait jamais à vivre dans un monde privé de l’isopolyphonie populaire albanaise, par exemple. Il y a des limites au supportable.

Mais revenons à nos gigots. Le 16 novembre dernier, donc, le “repas gastronomique des Français” a fait à son tour son entrée dans la liste. Et on ne va pas se priver d’en faire tout un plat. Ni même éventuellement de mettre les pieds dedans. Parce qu’on est juste entre nous et qu’on peut bien rigoler un peu. Le repas dont on parle célèbre l’art du “bien manger” et du “bien boire”. Il commence par l’apéro et comporte ensuite un minimum de quatre services qui sont les suivants : entrée, plat, fromage et dessert. Et il se termine par un petit digeot. Il est évidement stipulé que les mets doivent être attentivement choisis, que l’on doit utiliser de bons produits, de préférence locaux, et qui s’accordent bien ensemble. Il est également important que la table soit décorée et que la dégustation s’accompagne d’une gestuelle spécifique – à savoir humer et goûter ce qui est servi à table. “Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature.”

Il est important de saisir une énorme subtilité. Il n’était pas politiquement correct pour l’UNESCO de classer dans le patrimoine la gastronomie française en tant que telle, contrairement à ce qu’aurait souhaité Sa Présipotée – aux choux – Sarkozy, qui déclarait au salon de l’agriculture en 2008 : “Nous avons la meilleure gastronomie du monde, enfin de notre point de vue. Nous voulons que ce soit reconnu au patrimoine mondial.” Car voila, on sort rarement grandi d’une volonté d’imposer son point de vue au monde. Et il est bien placé pour le savoir. Notez, je dis ça moi… mais n’allez pas croire que je peux me prévaloir d’une quelconque expérience en politique internationale… J’aime bien ouvrir ma gueule c’est tout. Non, ce qui a été consacré, c’est bel est bien le repas et tout ce qui l’entoure. Comme le dit très bien l’article de Rue89 sur le sujet, la cuisine est doublement mise hors jeu : “elle est ramenée à un rituel, des gestes et des manières d’être, voire au petit cérémonial qu’on imagine dominical ou festif” et “elle est prétexte à une délectation verbale et à l’art de la conversation”.

En d’autres termes, il ne s’agit pas de dire que nous avons la meilleure cuisine au monde, mais que nous sommes, nous Français, ceux qui mangeons le mieux. Ce qui peut prêter à sourire, c’est que cette année, de façon bien moins médiatique – vu d’ici – un autre morceau de culture est entré au patrimoine immatériel, j’ai nommée la diète méditerranéenne, soutenue par quatre pays : l’Italie, l’Espagne, le Maroc et la Grèce. Je cite : “La diète méditerranéenne se caractérise par un modèle nutritionnel (…) dont les principaux ingrédients sont l’huile d’olive, les céréales, les fruits et légumes frais ou séchés, une proportion limitée de poisson, produits laitiers et viande, et de nombreux condiments et épices, le tout accompagné de vin ou d’infusions (…) Elle favorise les contacts sociaux, les repas collectifs étant la clé de voûte des coutumes sociales et des événements festifs.”

Diantre. Mais alors ma démonstration sur les Italiens… tomberait elle à l’eau de la Méditerranée ? Serions-nous contraints de reconnaitre qu’ils savent eux aussi faire de bons repas ? Je n’ose y croire. Espagnols et Marocains itou ? Et les Grecs également ? J’en suis tout retourné… au figuré s’entend. Vous n’allez quand même pas me dire qu’aux quatre coins du monde chaque peuple aurait son lot de rituels culinaires destinés à célébrer certains moments de vie ? C’en est trop ! Qui peut se vanter d’avoir des centaines de fromages ici ? Essayez un peu de mettre de la fêta ou de la mozzarella sur un plateau pour voir un peu l’allure que ça a… sans blague. Et le pinard ? On est peut être pas les champions du pinard ?

Après… il y aura évidement toujours des empêcheurs de célébrer en rond. Des esprits chagrins, qui cherchent la petite bête. Pour Rue89, toujours dans l’article – très bon – que je citais plus haut, “l’industrialisation alimentaire [qui aura prévalu depuis le XXe siècle] a eu des effets destructeurs sur des pratiques qui soutenaient jusqu’alors la gastronomie française.” Comment ? Entre autres en neutralisant les activités de préparation du repas, en détruisant nos attaches au terroirs et en modifiant profondément nos rythmes alimentaires.

C’est un fait que nous consommons de plus en plus de nourriture industrielle, car nous prenons de moins en moins le temps de cuisiner. C’est un fait que les OGM gagnent du terrain – avec la bénédiction de l’Académie pontificale des sciences. C’est un fait que la grande distribution, malgré les belles publicités Leclerc sur les petits producteurs de choux, semble faire bien du mal à l’agriculture française…  alors quel sera l’impact sur tout ça de ce coup de projecteur sur le repas gastronomique des Français ? Et bien comme d’habitude, je vous pose la question. Parce que moi, franchement, je ne sais pas…

La chronique du samedi #4 – Têtes de gondoles : l’entrave des confiseurs.

Tête de gondole de confiseries et chocolats

Tête de gondole de confiseries et chocolats

Ces derniers temps, je commençais sérieusement à avoir des soupçons. Je n’abordais pas le sujet, préférant laisser couler un peu d’eau sous les ponts, regardant les éléments se mettre en place. Mais depuis maintenant une quinzaine de jours j’en suis totalement certain, et je peux vous l’annoncer ici joyeusement : Noël est là !

C’est parti, vous pouvez ressortir le sapin en plastique (ou en commander un vrai de quatre mètres) et grand-mère, préparer vos petits souliers,  dresser la table et acheter du Spasfon…  L’orgie commence et on va s’en envoyer sévère derrière la cravate, c’est moi qui vous le dit.

Alors je sais, vous, sceptiques comme pas deux, vous allez me dire que je craque, que je suis carrément en avance, vu qu’il reste quand même plus d’un mois avant la date officielle. Ça représente mine de rien une petite douzaine d’occasions de se la jouer aventurier séducteur en arborant fièrement sa barbe de trois jours – ne vous embêtez pas à refaire le calcul, vous pouvez me faire confiance.

Noël - Cdiscount.com

Noël - Cdiscount.com

Seulement voila, pardon, mais je suis forcé de vous dire que vous vous trompez complètement. Si si. Déjà parce que ce n’est pas en vous rasant tous les trois jours que vous aurez la moindre chance de faire un père Noël crédible au goûter des enfants. Sincèrement. Enfin, à la limite, on dira que ça c’est votre problème. Moi c’est simplement pour rendre service que je vous préviens.

Noël - Fnac.com

Noël - Fnac.com

Mais ce que je voulais surtout dire, pour vous prouver que vous n’avez vraiment rien compris, c’est que si vous surfez un peu sur les gros sites du net, vous allez vite vous rendre compte que ceux-ci ont revêtu leur tenue d’apparat.  De même, si vous vous activez un peu et que vous sortez dans votre hypermarché préféré faire vos courses – j’espère ceci dit que vous y avez pensé avant, parce que je vous rappelle qu’on est samedi et qu’à cette heure acheter un paquet de nouilles vous en prendra facilement deux -, vous observerez les premières décorations et vous constaterez comme moi que les foies gras, saumons fumés, chocolats, papillotes et confiseries en tout genre ont passablement envahi les lieux. Si rien n’est fait, dans une semaine on ne pourra plus circuler dans les allées sans embuche. Ou alors glacée.

Je ne parle même pas de la télé et des grands classiques comme les rennes de la publicité canalsat, qui cette année ont du un peu trop forcer sur les psychotropes… Sans déconner, qu’est ce que c’est que ce spot ? Enfin, passons.

Donc, Noël est là. Quoi ? Ah, très bien, vous ne me croyez toujours pas. Vous êtes têtu un peu non ? Je vous signale que même la radio le dit :

(Extrait de cet article RTL : C’est déjà Noël dans les magasins et les catalogues !)

Le signal a été envoyé, rentrez dans la bulle légère et lâchez vous en consommation ! Et plus vite que ça je vous prie. Rien qu’en ligne, on prévoit déjà que le montant des achats se montera à six milliards d’euros. Alors ne faites pas comme tous ces insouciants qui attendent le dernier moment… commandez tout de suite ! En double même tant qu’à faire, on n’est jamais trop prudent.

Hum.

Allez, soyons sérieux un peu. On pourrait croire que je suis innocent et naïf, et que je me figurais encore que Noël est une fête religieuse destinée à célébrer la naissance de Jésus. Évidement pas. Je sais dans quel système nous vivons. Je sais que le commerce des biens de consommation, fussent ils inutiles, est pour un moment encore le moteur du monde. Mais tout de même… n’y a t-il pas un côté profondément ridicule à anticiper à ce point les fêtes de fin d’année ?

On a coutume de dire que l’important n’est pas l’arrivée, mais le chemin. Ne se gâche t-on pas purement et simplement le plaisir de Noël à emprunter un si long chemin pour y parvenir ? Ne s’expose t-on pas à constater avec déception qu’on a fait… tout ça pour ça ? Et le tout, simplement pour le bien de la sacro-sainte croissance – c’est toujours ça qui est encore un peu sacré vous me direz…

Entendons nous bien, je ne suis pas du tout anti-fêtes. Ça n’est pas un rejet massif de Noël que je cherche maladroitement à exprimer ici. Non, ça serait plutôt le contraire. J’ai eu dernièrement l’occasion d’en discuter brièvement : notre problème serait peut être que nous n’avons pas encore assez de fêtes. Le mois de novembre débute sur Halloween. Ça c’est bon. Enfin c’est bon… moi personnellement, et si vous me passez l’expression, Halloween ça me touche un peu une citrouille sans faire bouger l’autre, dans la mesure où ça ne m’évoque pas franchement de souvenirs d’enfance. Mais soit, admettons qu’il faille faire des efforts et qu’on valide Halloween. La Toussaint, bon, ça n’est pas franchement une fête, ni la célébration de l’armistice du 11 novembre… Non, il faut voir les choses en face, entre le 1er novembre et le 25 décembre il n’y a pas de fête officielle qui concourrait à la joie collective dans nos cœurs. Walou. Enfin… il y aurait bien deux petites choses : le beaujolais nouveau – qui est arrivé – et le téléthon… mais d’aucuns disent que boire le premier provoquerait des trous dans l’estomac et que regarder le deuxième ferait fondre le cerveau… j’hésite…

Au lieu de préparer les fêtes de fin d’année des mois avant, avec pour seule finalité de toute manière qu’on va finir bourrés, malades, et chercher comment se débarrasser discrètement de nos trucs inutiles, créons des fêtes ! La fête des mères, des pères, des grand-mères, des voisins… tout ça bon, ça existe. Il y a le 1er mai, qu’on peut considérer d’une certaine manière comme une fête des ouvriers, et le 16 octobre, fête des patrons. Plus quelques autres… Mais ces fêtes ne riment souvent à rien d’autre qu’un geste commercial. Et puis il s’agit plus – sauf pour les voisins – de célébrer un lien entre deux personnes que de communier dans une bonne humeur communicative.

Je vous le dis, il faut qu’on invente d’autres choses ! Par exemple, je viens de découvrir l’existence du Movember, un évènement masculin qui a lieu dans plusieurs pays anglo-saxons, consistant à se laisser pousser la moustache tous le mois de novembre. C’est convivial ça. Pas mal pour entamer spontanément des discussions avec les inconnus dans le métro.

« Bonjour monsieur, belle moustache ! Félicitations !
- Merci merci. Comment va la votre ?
- Comme-ci comme ça ces derniers temps… mais ça s’arrange depuis que j’ai changé d’après shampooing à moustache !
- Celle de votre ami en tout cas a bien fière allure.
- Vous… vous parlez de ma femme ?
- … »

Si vous connaissez comme ça des fêtes ou mouvements originaux, ou si vous avez quelques idées… n’hésitez pas à balancer en commentaire. On fera le tri. Parce que là, je le vois venir gros comme une maison… je vais bouger de chez moi faire un tour en ville… et à tous les coups je vais croiser trois fois le père Noël avec ses «Ooww Ooww Ooww !»  – ou peut être « Hoow Hoow Hoow », je me demande si je ne confonds pas le gros bonhomme rouge et le géant vert, enfin je suis daltonien de toute façon – et ça va m’énerver.

Surtout que je ne sais jamais quoi faire comme cadeaux à Noël. Alors avec toutes leurs conneries censées diffuser une ambiance festive, en fait ils me mettent une énorme pression. Pourtant à chaque fois je me promets que l’année suivante j’anticiperai… à chaque fois… mais c’est comme pour les trains – voir chronique précédente -… je crois que je ne suis pas génétiquement programmé pour savoir être en avance.

Bref. Je vous souhaite quand même un bon samedi, et je vous laisse faire vos listes, bande de petits consommateurs.

Ah… avant que vous ne partiez… il demeure encore une chose qui me travaille et que je voulais partager avec vous. Sachant que l’épiphanie est officiellement le 6 janvier, à quelle date verra t-on cette année les premières galettes des rois ?

Je vous pose la question. Parce que moi, franchement, je ne sais pas…