La chronique du samedi #12 – No future où l’écolo gît.

Idée écolo

Idée écolo

Tu sais lecteur… de manière générale, je n’ai pas la prétention de donner des leçons à qui que ce soit. J’ai rarement le sentiment de détenir la vérité, tout ça. Ceci dit, laisse moi quand même te dire une bonne chose que j’ai comprise. La vie, c’est avant tout des convictions ! Enfin… disons que j’en suis presque sûr. La plupart du temps. Alors, pas plus con que la doyenne, j’ai les miennes. A commencer par une. Notre monde, il part en couille. Ah  bon ? Tu le savais déjà ? Mince.

Il faut dire aussi que je n’invente rien. Plus les années passent et plus on le dit partout. Trop d’émissions de gaz à effet de serre, trop de déchets dont on ne sait que faire, trop de ressources utilisées… nous sommes simplement en train de condamner nos descendants.

Je ne me fais pas spécialement de soucis pour la planète elle même. La nature, ça s’adapte et ça se renouvelle en quelques millions d’années – ce qui à l’échelle de l’Univers n’est rien. La Terre existait avant nous et survivrait à notre disparition. Car c’est de ça qu’il s’agit. La disparition de l’espèce humaine.

Alors oui, je sais… toujours le catastrophisme écologique… la culpabilisation… la mauvaise conscience… et toutes ces choses. Qu’est ce que vous voulez que je vous dise. Il ne s’agit pas d’arrêter de parler du problème pour qu’il disparaisse. Si ce n’est le regarder en face, je ne vois pas vraiment quoi faire. On est quelque chose comme sept milliards d’humains. Et les ressources de la Terre ne sont pas suffisantes pour que tout le monde vive comme nous vivons aujourd’hui dans les pays développés. C’est comme ça. Ça n’est probablement pas de votre faute. Je ne pense pas que se soit spécialement de la mienne. Mais c’est un fait.

Bien sûr, on peut s’en foutre. On peut toujours s’en foutre. De ça comme du reste. Prenez par exemple le mariage prochain du prince William en Angleterre. Et bien il faut savoir qu’à titre personnel, sauf le respect dû à la famille royale, je m’en tamponne ouvertement le coquillard. Mais les enjeux écologiques de notre civilisation, ça… et bien ça m’intéresse un peu. Autant le dire franchement… je ne suis expert en rien et je n’ai pas de solution géniale à proposer. Mais bon, encore une fois j’avais envie d’ouvrir un peu ma gueule, et de mettre deux ou trois trucs sur la table.

Je le disais un peu plus haut, quand on écoute le discours écologiste il ne faut généralement pas longtemps pour qu’on commence à culpabiliser. En ce qui me concerne, j’ai des micros crises de culpabilité à peu près tous les jours. Quand je traine un peu sous l’eau chaude de la douche… Quand je reste avec dans les mains quinze emballages carton ou plastique après rangement des courses… Quand je pompe du courant pour alimenter en même temps ma machine à laver qui tourne, mon ordinateur, ma livebox, ma télé et son décodeur, mon smartphone qui se recharge et ma vieille lampe halogène.

Alors je pense à un truc pour m’apaiser un peu. Ce qui fait peur dans toute vaste tache, c’est de l’envisager dans sa globalité. Mais si on se concentre sur des petits gestes… et qu’on les met bout à bout… on pourrait bien s’apercevoir qu’une partie du compte y est déjà. Peut être que je pourrais, sur ce blog, compiler pas à pas des petits gestes simples qu’on peut tous faire. Beaucoup sont déjà connus. Mais les fait-on ?

La base de tout, en ce qui concerne chacun d’entre nous, ça me parait être la gestion des déchets. Le tri, bien sûr, déjà. Mais aussi la réduction. Générer moins de déchets.

Un exemple. Quand je me balade en ville, j’ai généralement un sac besace en bandoulière. C’est pratique. Parce que quand je fais des petits achats, je ne prend pas de sac. Rien qu’en comptant les bouquins et bandes dessinées de Virgin ou de la Fnac… ça fait déjà un sacré nombre de sachets plastique utilisés en moins. En fait un compte insignifiant. Mais reproduit soixante millions de fois, ça claquerait quand même. Enfin, sans aller jusque là… si juste toi, à supposer que tu ne le fasses pas déjà, tu adoptais le geste… on lancerait un truc de dingue. Tu seras gentil d’y réfléchir s’il te plait. Et vite.

Parce que voila quoi, l’écologie c’est à la portée du dernier des cons – non non, je le dis pas pour toi… Ressources limitées. A la limite pour commencer, il n’y a que ça à retenir. Nous consommons trop. Il faut faire baisser la moyenne. Et déjà celle de la production d’emballages. Après soyons clairs. Un geste écologique qu’on fait d’un côté, peut très facilement être neutralisé par quelque chose que l’on fera par ailleurs. C’est sûr, pour accessible qu’elle est, l’écologie est une réflexion de tous les jours. Mais un petit geste dans l’absolu, c’est toujours mieux que pas de geste du tout.

L’été dernier, sous le soleil de l’Hérault, un ami me parlait du mouvement Colibris, Mouvement pour la terre et l’Humanisme qui progresse sous la houlette d’un pionnier du Bio, Pierre Rabhi. On peut parler de Décroissance, de Simplicité Volontaire, de Sobriété Heureuse… La philosophie de base est de réduire drastiquement notre empreinte écologique.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Je crois que l’image est claire. Notre société a besoin d’une collaboration de chacun. Pas seulement bien sûr. Mais il me semble que rien ne peut vraiment changer dans le domaine environnemental si l’écologie ne devient pas pour tous un réflexe. C’est un peu du prosélytisme vous me direz. Oui, peut être un peu, mais “si y’en a que ça les dérange” hein…

Bref. Voila, c’est décidé. Je publierai régulièrement ici des idées écolos du jour trouvées à droite ou à gauche. Voire même dans ma tête. Enfin je ne promets rien. D’ailleurs n’hésitez pas à balancer les vôtres. Bien sûr ces idées je tâcherai de commencer pas les appliquer moi même, sinon ça ne vaut rien. On est en janvier. Imaginez ce qu’on peut faire ensemble d’ici à décembre prochain… Et puis éventuellement, on parlera de ce que pourrait être l’esprit écologiste. Fourmis que nous sommes.

Parce que tu vois mon ami… rapport aux convictions que j’évoquais plus haut… et bien je me suis laissé convaincre que réduire l’écologie au tri sélectif dans les poubelles colorées et aux carottes bios pleines de terre, c’est au moins aussi ridicule que de réduire le cinéma français à “Bienvenue chez les Ch’tis”. Partie émergée de l’iceberg… qui fond à vue d’œil. Il y a du taf. Franchement le présent, c’est pas beau à voir. Il ne faut pas se mentir, le virage de nos sociétés, il serait souhaitable qu’il arrive maintenant tout de suite, parce qu’actuellement on fonce dans un mur. On doit grandir un peu. Il se pourrait même qu’on doive utiliser nos tronches.

Je vais le dire pour qu’on soit clair : je suis loin d’être un parfait exemple dans le domaine. A l’heure actuelle, si je mets de côté verre et carton, je ne trie pas encore 100% de mes déchets. Si je veille autant que possible à consommer de saison et “origine France”, je fais la plupart de mes courses en supermarché. Mais j’ai la volonté de faire évoluer mon comportement, étape après étape. Tu es peut être au quotidien quatre fois plus écolo que moi. Si c’est le cas je te félicite. Sinon… on peut éventuellement essayer de s’y mettre ensemble.

Allez, tous, je vous laisse j’ai un train à prendre et peut être même que je l’aurai. Rendez-vous prochainement pour développer le sujet de cette chronique. En attendant soyez raisonnables. Je sais bien que c’est les soldes mais… soixante dix pour cent de réduction sont ils une bonne raison pour acheter ce dont vous n’avez pas besoin ? Je vous pose la question. Même si moi… j’ai une petite idée.

La chronique du samedi #1 – Quand la saleté dehors dure, est-ce benne perdue ?

Grève des éboueurs / Marseille novembre 2009

Grève des éboueurs - Marseille (nov. 2009)

“Voilaaaaaa, c’est fini.”

Hourra. Les dix milles tonnes (je ne sais pas qui a fait le calcul, ni comment, mais c’est le chiffre que l’on peut lire un peu partout dans la presse) d’ordures amoncelées jour après jour dans notre cité Phocéenne sont lentement mais surement en train de disparaitre. L’air va redevenir plus respirable d’ici à la fin du week-end et on pourra bientôt marcher normalement sur les trottoirs, pleinement concentrés sur les crottes de chiens à éviter. Une certaine idée du bonheur. Les éboueurs de Marseille ont, en effet, voté lundi dernier la fin de la grève et ont repris mardi le travail. Et moi, je m’interroge ouvertement sur ce que l’on retirera de ce grand mouvement d’immobilisme qui aura duré 14 jours.

Oh, ce n’est pas la question de la réforme des retraites, ni celle du bien-fondé des arrêts de travail et blocages de ce mois d’octobre qui occupe à cet instant mon esprit. Vous pensez… pour un premier billet je n’allais quand même pas choisir un thème aussi polémique ! Non non. Il s’agit plutôt de la relation que nous entretenons avec nos déchets, un sujet autrement plus racoleur et sexy, vous en conviendrez.

J’entends déjà les mauvaises langues qui vont arguer qu’éboueurs au boulot ou pas, Marseille n’a jamais été une ville propre. Pour un peu, certains affirmeraient même qu’ici quand il y a grève du ramassage des ordures personne ne s’en aperçoit. Que dire… c’est certes exagéré, mais malgré tout il n’y a pas de fumée sans feu. Cette ville est l’objet de mille et une critiques qui souvent m’attristent, ceci dit la saleté au quotidien y est malheureusement une réalité bien connue.

C’est simple, je n’avais jusqu’à aujourd’hui jamais entendu parler d’un site web destiné à recueillir des témoignages et à cartographier les zones de grande saleté. Et bien à Marseille figurez vous que ça existe, on l’a fait, et ça se passe ici : merdeinmarseille. A cette heure, j’hésite entre sourire et pleurer un peu.

Alors, une fois qu’on l’a dit ? On peut considérer que c’est une fatalité et que ça ne changera jamais. On le peut. Mais personnellement je n’y arrive pas, pour une raison simple : ça me rend malheureux. C’est pour cela que je préfère penser que si tant d’autre villes dans le monde parviennent à gérer la question des déchets bien mieux que nous ne le faisons ici, il existe peut être, oh oui peut être, une possibilité que nous y arrivions aussi. Et qui sait, si ça se trouve, ce n’est peut être pas si difficile.

Parce que franchement, là je fais des efforts limites surhumains pour rester calme, d’ailleurs j’espère que vous vous en rendez bien compte. Mais quand on y réfléchit, c’est quand même un tout petit peu aberrant cette histoire… La problématique des déchets, au fond, qu’est ce que c’est ? On achète, on consomme, on se retrouve avec des déchets entre les mains, on les laisse dans un endroit prévu à cet effet, ils sont ramassés, et finalement détruits ou recyclés. Voila, il me semble que la théorie c’est ça. Mais à Marseille non, à Marseille nous ne sommes pas tous le monde, et c’est un peu différent… A Marseille on achète, jusque là on dira que tout va bien. A Marseille on consomme, bon, ça va toujours (on parlera décroissance une autre fois). Mais c’est après que ça se gate… parce que après, et bien… on est bien emmerdés avec ces “putaing de déchets“, alors on en laisse déjà une partie directement par terre, puis tout de même l’autre dans une poubelle, enfin, si elle ne déborde pas déjà, sinon heu… en tas à côté, ou alors même, et bien… plus loin, puisqu’il y a déjà un début de rassemblement de cartons et de sacs… Ensuite elles sont enlevées à moitié par les éboueurs, souvent à la va vite, l’autre moitié étant éparpillée dans le même temps. Forcément, on ne ramasse pas un tas de cartons et de sacs mal fermés comme on vide une poubelle conteneur. Et au final, le vent fait le reste… Quiconque a traversé la Canebière un jour de Mistral sait très très bien de quoi je parle.

Et la plupart des gens râlent. Encore et toujours. Ça ne mange pas de pain.

Mais quand même, ne pourrait on vraiment rien faire ? Ne serait-il pas envisageable, par exemple, qu’on fasse tous l’immense l’effort de ne plus rien jeter à même le sol ? D’utiliser de vrais sacs solides et fermés pour jeter nos ordures ? De militer pour plus de poubelles dans la ville ? Ou plus grandes ? Ou ramassées plus souvent ? De trier un peu plus nos déchets recyclables ? D’abord nos bouteilles par exemple, pour ne plus crever en vélo sur des tessons… De débattre une bonne fois pour toute sur la question du “fini-parti” qui a cours chez les éboueurs de Marseille et qui semble faire tellement plus de mal que de bien ? De coller dix ans fermes à tout contrevenant à la propreté publique. D’interdire le Mistral ?

Non, pour le Mistral, je déconne.

Enfin quoi, juste entre vous et moi… est-ce qu’on va continuer comme ça à entretenir notre réputation de cité poubelle pendant des années encore ? Je vous pose la question. Parce que moi, franchement, je ne sais pas…