Le livre du jour – La vie très privée de Mr Sim (Jonathan Coe)

La vie très privée de Mr Sim - Jonathan Coe

La vie très privée de Mr Sim - Jonathan Coe

Après la lecture du très bon “A l’assaut du Khili-Khili”, j’avais envie d’enchainer sur un autre bon morceau de littérature britannique. Hum… Ok, ce n’est pas tout à fait exact. Entre temps j’ai essayé d’attaquer “Toutes les familles sont psychotiques” un bouquin de Coupland (l’auteur de “jPod”) sans succès. Décidément… je n’avais déjà pas réussi à rentrer dans “Génération X”… Bref, nous ne sommes pas là pour parler de ma vie, mais de celle, très privée, de Mr Sim, alors commençons sans plus tarder.

Maxwell Sim est un looser de quarante huit ans. Ce n’est pas un jugement personnel, c’est le résumé qui nous en informe. Son principal soucis, c’est qu’il est ennuyeux à mourir, et ce n’est pas qu’une image comme vous le constaterez si vous vous aventurez dans l’histoire. Sa femme vient de le quitter, partant avec sa fille vivre à l’autre bout de l’Angleterre et le plongeant, de fait, dans une profonde dépression. Génial me direz-vous, on ne peut pas rêver mieux comme point de départ pour un roman divertissant. Ne tirez pas de conclusion trop vite. Le talent d’un auteur, entre autres choses, peut précisément se manifester dans l’aptitude à faire rire des situations les plus grises. Et Coe s’acquitte de cette tâche à merveille.

Revenant d’un voyage en Australie, où vit son père depuis plus de vingt ans, Max se doit de prendre une décision. Voilà six mois qu’il est en arrêt maladie et l’heure est venue de reprendre son poste de responsable après-vente dans un grand magasin où de l’abandonner. S’offre alors à lui une opportunité de changer d’air. Un ami, au fait de ses talents de vendeur, lui propose de s’associer à une aventure des plus prometteuses dans le monde de la brosse à dent écologique. Rien moins que ça. Là, je le sais, vous commencez à rêver.

Ainsi, au volant d’une belle voiture hybride, le voila qui se retrouve avec pour mission de rallier le point le plus au Nord du Royaume-Uni, dans les iles Shetland, afin de signer un contrat de vente avec un distributeur. Débute alors la dérive. Et le mot n’est pas choisi au hasard. Car les aventures de Max sont à rapprocher de celle d’un navigateur de la fin des années 60, Donald Crowhurst, qui, prenant en 1968 le départ d’une course autour du monde, et réalisant rapidement le peu de chances qu’il avait de relever le défi, décida de tricher sur la réalité de ses positions… jusqu’à sombrer dans la folie et mettre fin à ses jours.

Très habilement construit, ce roman de Jonathan Coe voit le héros tomber au fil de ses aventures sur des écrits, qu’il s’agisse de lettres, de nouvelles ou de mémoires, qui lui révèlent chaque fois des choses terribles sur sa propre vie… lui enfonçant la tête toujours plus profond sous l’eau pour le plus grand plaisir des lecteurs voyeurismes et sadiques que nous sommes. Que voulez-vous… c’est que le style est assez irrésistible. Du reste, il ne s’agit pas que de contempler les malheurs de Max. “La vie très privée de Mr Sim” se révèle également une critique assez juste des travers d’une société où les moyens de communication n’ont jamais été aussi nombreux et les rapports humains jamais aussi pauvres. Au point de tomber amoureux de la voix délicieuse de son GPS.

Sans rien dévoiler, permettez-moi tout de même de vous dire que la fin du roman, particulièrement inattendue je dois dire, si elle ne conviendra sans doute pas à tous les lecteurs, ne devrait en tout cas laisser personne insensible.

Bref… que dire pour conclure. J’ai dévoré les 450 pages du bouquin dans le week-end, incapable que j’ai été de ne pas enchainer à la fin d’un chapitre sur le début d’un autre, et je me suis régalé. On présente Jonathan Coe comme “un des auteurs majeurs de la littérature britannique actuelle”, je veux bien le croire. Alors bien évidement, sous réserve que mon avis vous intéresse, je recommande fortement.

La chronique du samedi #12 – No future où l’écolo gît.

Idée écolo

Idée écolo

Tu sais lecteur… de manière générale, je n’ai pas la prétention de donner des leçons à qui que ce soit. J’ai rarement le sentiment de détenir la vérité, tout ça. Ceci dit, laisse moi quand même te dire une bonne chose que j’ai comprise. La vie, c’est avant tout des convictions ! Enfin… disons que j’en suis presque sûr. La plupart du temps. Alors, pas plus con que la doyenne, j’ai les miennes. A commencer par une. Notre monde, il part en couille. Ah  bon ? Tu le savais déjà ? Mince.

Il faut dire aussi que je n’invente rien. Plus les années passent et plus on le dit partout. Trop d’émissions de gaz à effet de serre, trop de déchets dont on ne sait que faire, trop de ressources utilisées… nous sommes simplement en train de condamner nos descendants.

Je ne me fais pas spécialement de soucis pour la planète elle même. La nature, ça s’adapte et ça se renouvelle en quelques millions d’années – ce qui à l’échelle de l’Univers n’est rien. La Terre existait avant nous et survivrait à notre disparition. Car c’est de ça qu’il s’agit. La disparition de l’espèce humaine.

Alors oui, je sais… toujours le catastrophisme écologique… la culpabilisation… la mauvaise conscience… et toutes ces choses. Qu’est ce que vous voulez que je vous dise. Il ne s’agit pas d’arrêter de parler du problème pour qu’il disparaisse. Si ce n’est le regarder en face, je ne vois pas vraiment quoi faire. On est quelque chose comme sept milliards d’humains. Et les ressources de la Terre ne sont pas suffisantes pour que tout le monde vive comme nous vivons aujourd’hui dans les pays développés. C’est comme ça. Ça n’est probablement pas de votre faute. Je ne pense pas que se soit spécialement de la mienne. Mais c’est un fait.

Bien sûr, on peut s’en foutre. On peut toujours s’en foutre. De ça comme du reste. Prenez par exemple le mariage prochain du prince William en Angleterre. Et bien il faut savoir qu’à titre personnel, sauf le respect dû à la famille royale, je m’en tamponne ouvertement le coquillard. Mais les enjeux écologiques de notre civilisation, ça… et bien ça m’intéresse un peu. Autant le dire franchement… je ne suis expert en rien et je n’ai pas de solution géniale à proposer. Mais bon, encore une fois j’avais envie d’ouvrir un peu ma gueule, et de mettre deux ou trois trucs sur la table.

Je le disais un peu plus haut, quand on écoute le discours écologiste il ne faut généralement pas longtemps pour qu’on commence à culpabiliser. En ce qui me concerne, j’ai des micros crises de culpabilité à peu près tous les jours. Quand je traine un peu sous l’eau chaude de la douche… Quand je reste avec dans les mains quinze emballages carton ou plastique après rangement des courses… Quand je pompe du courant pour alimenter en même temps ma machine à laver qui tourne, mon ordinateur, ma livebox, ma télé et son décodeur, mon smartphone qui se recharge et ma vieille lampe halogène.

Alors je pense à un truc pour m’apaiser un peu. Ce qui fait peur dans toute vaste tache, c’est de l’envisager dans sa globalité. Mais si on se concentre sur des petits gestes… et qu’on les met bout à bout… on pourrait bien s’apercevoir qu’une partie du compte y est déjà. Peut être que je pourrais, sur ce blog, compiler pas à pas des petits gestes simples qu’on peut tous faire. Beaucoup sont déjà connus. Mais les fait-on ?

La base de tout, en ce qui concerne chacun d’entre nous, ça me parait être la gestion des déchets. Le tri, bien sûr, déjà. Mais aussi la réduction. Générer moins de déchets.

Un exemple. Quand je me balade en ville, j’ai généralement un sac besace en bandoulière. C’est pratique. Parce que quand je fais des petits achats, je ne prend pas de sac. Rien qu’en comptant les bouquins et bandes dessinées de Virgin ou de la Fnac… ça fait déjà un sacré nombre de sachets plastique utilisés en moins. En fait un compte insignifiant. Mais reproduit soixante millions de fois, ça claquerait quand même. Enfin, sans aller jusque là… si juste toi, à supposer que tu ne le fasses pas déjà, tu adoptais le geste… on lancerait un truc de dingue. Tu seras gentil d’y réfléchir s’il te plait. Et vite.

Parce que voila quoi, l’écologie c’est à la portée du dernier des cons – non non, je le dis pas pour toi… Ressources limitées. A la limite pour commencer, il n’y a que ça à retenir. Nous consommons trop. Il faut faire baisser la moyenne. Et déjà celle de la production d’emballages. Après soyons clairs. Un geste écologique qu’on fait d’un côté, peut très facilement être neutralisé par quelque chose que l’on fera par ailleurs. C’est sûr, pour accessible qu’elle est, l’écologie est une réflexion de tous les jours. Mais un petit geste dans l’absolu, c’est toujours mieux que pas de geste du tout.

L’été dernier, sous le soleil de l’Hérault, un ami me parlait du mouvement Colibris, Mouvement pour la terre et l’Humanisme qui progresse sous la houlette d’un pionnier du Bio, Pierre Rabhi. On peut parler de Décroissance, de Simplicité Volontaire, de Sobriété Heureuse… La philosophie de base est de réduire drastiquement notre empreinte écologique.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

Je crois que l’image est claire. Notre société a besoin d’une collaboration de chacun. Pas seulement bien sûr. Mais il me semble que rien ne peut vraiment changer dans le domaine environnemental si l’écologie ne devient pas pour tous un réflexe. C’est un peu du prosélytisme vous me direz. Oui, peut être un peu, mais “si y’en a que ça les dérange” hein…

Bref. Voila, c’est décidé. Je publierai régulièrement ici des idées écolos du jour trouvées à droite ou à gauche. Voire même dans ma tête. Enfin je ne promets rien. D’ailleurs n’hésitez pas à balancer les vôtres. Bien sûr ces idées je tâcherai de commencer pas les appliquer moi même, sinon ça ne vaut rien. On est en janvier. Imaginez ce qu’on peut faire ensemble d’ici à décembre prochain… Et puis éventuellement, on parlera de ce que pourrait être l’esprit écologiste. Fourmis que nous sommes.

Parce que tu vois mon ami… rapport aux convictions que j’évoquais plus haut… et bien je me suis laissé convaincre que réduire l’écologie au tri sélectif dans les poubelles colorées et aux carottes bios pleines de terre, c’est au moins aussi ridicule que de réduire le cinéma français à “Bienvenue chez les Ch’tis”. Partie émergée de l’iceberg… qui fond à vue d’œil. Il y a du taf. Franchement le présent, c’est pas beau à voir. Il ne faut pas se mentir, le virage de nos sociétés, il serait souhaitable qu’il arrive maintenant tout de suite, parce qu’actuellement on fonce dans un mur. On doit grandir un peu. Il se pourrait même qu’on doive utiliser nos tronches.

Je vais le dire pour qu’on soit clair : je suis loin d’être un parfait exemple dans le domaine. A l’heure actuelle, si je mets de côté verre et carton, je ne trie pas encore 100% de mes déchets. Si je veille autant que possible à consommer de saison et “origine France”, je fais la plupart de mes courses en supermarché. Mais j’ai la volonté de faire évoluer mon comportement, étape après étape. Tu es peut être au quotidien quatre fois plus écolo que moi. Si c’est le cas je te félicite. Sinon… on peut éventuellement essayer de s’y mettre ensemble.

Allez, tous, je vous laisse j’ai un train à prendre et peut être même que je l’aurai. Rendez-vous prochainement pour développer le sujet de cette chronique. En attendant soyez raisonnables. Je sais bien que c’est les soldes mais… soixante dix pour cent de réduction sont ils une bonne raison pour acheter ce dont vous n’avez pas besoin ? Je vous pose la question. Même si moi… j’ai une petite idée.