La vie c’est des hasards. Des rencontres qui se font, ou qui ne se font pas. La musique c’est des mélodies, des notes qui se rencontrent, et qui rencontrent au hasard de la vie des Hommes, leur attention, et pourquoi pas leurs sentiments, aussi. La musique c’est tout sauf du hasard. Celui qui l’écrit doit avoir une profonde inspiration pour poser sur les portées les notes qui composeront une mélodie. Et du cœur, aussi. Mais celui qui découvre par hasard la musique n’a besoin de rien pour être profondément ému. Lui qui serait simplement passé à côté, se retrouve alors touché en plein cœur.
Pourquoi tant de lyrisme tout à coup me direz-vous ? Mais pour une raison toute simple. Quand j’ai découvert il y a un an ou deux sur Deezer Emily Jane White, par le biais de l’album Dark Undercoat, j’ai littéralement craqué pour sa musique folk. Je vais vous dire… je crois que j’adore le folk. J’adore la simplicité que dégage le plus souvent le folk. Une guitare acoustique, une voix, et c’est l’inspiration qui fait le reste. Le folk ne triche pas. Pas d’artifice. L’essentiel. Si j’osais, je parlerais d’une certaine idée de la musique à l’état pur. Mais je suis timide.
Que vous dire amis lecteurs, que vous dire. J’ai du mal à mettre des mots sur les émotions que peuvent me procurer la musique. Je vous ferais cent paragraphes pour parler de ce son sombre et de cette mélodie mélancolique, que je perçois personnellement comme si belle et si entrainante pour l’esprit, que ça ne remplacerait pas votre propre écoute et votre propre ressenti. C’est d’ailleurs bien pour cela que je vais vous poser ici les trois liens Deezer correspondants aux trois albums disponibles de la demoiselle de Californie.
Dark Undercoat (2008)
Victorian America (2009)
Ode to Sentience (2010)
Vous noterez qu’Emily est prolifique. Il faut d’ailleurs que je vous avoue que j’avais manqué la sortie du deuxième album, et que je ce n’est également qu’hier que j’ai découvert le troisième, qui est sorti il y a deux semaines.
La vie c’est des hasards. Et hier encore, avant de rentrer chez moi après ma journée de travail, j’avais bien d’autres choses en tête. Et j’ai reçu un mail. La newsletter d’une salle de concert marseillaise, le Poste à Galène. J’aime profondément la musique, et j’ai grand plaisir à assister à des concerts à l’occasion, mais je suis loin de vérifier fréquemment si des artistes que j’apprécie passent près de chez moi dans les mois qui viennent. Et hier soir, dans cette newsletter, j’ai appris que la miss Jane White serait le lendemain au Poste. Non pas en garde à vue, mais en show. Mon cœur à fait un bon. J’ai écouté à l’époque son premier album en boucle un nombre incalculable de fois et voila que j’apprends au tout dernier moment qu’elle passe dans une salle qui doit se trouver à 1km à vol d’oiseau de chez moi… Cinq minutes plus tard, mon billet était acheté. Vous pourrez parler d’un achat compulsif, je sais personnellement que ce n’est que ma raison qui a parlé.
Là j’en reviens. Vous dire que je suis sous le charme… certes oui je pourrais. Vous dire que ce concert était à la hauteur de mes espérances… certes oui je saurais. Mais c’est bien plus que ça ami lecteur. Ce que j’ai vécu ce soir pendant plus d’une heure et demi, le temps d’une bonne douzaine de morceaux, c’est un moment de grâce.
J’avais déjà accompagné un ami au Poste à Galène, au printemps 2008, pour voir le groupe Gravenhurst. C’est une toute petite salle qui en a sous le capot, rue Ferrari. Le lieu est chaleureux. Le contact entre artistes et public est total. Je félicite les techniciens : la balance des instruments était parfaite pour mes oreilles.
Comment aborder les choses… Quel plaisir de voir un groupe aussi musicalement en place… Quel plaisir d’entendre cette voix aussi posée… Aussi juste que sur les albums… Aussi délicieusement envoutante.
J’ai voyagé ce soir. Très loin. Très haut. Porté par la guitare folk, quelques fois, porté par le piano, d’autres, la demoiselle alternant les deux. Et j’entrais dans la stratosphère quand venaient, suivant les morceaux, s’ajouter les musiciens, à la basse, au violoncelle, à la batterie, à la guitare électrique, et au… heu… mais si vous savez bien… l’espèce de guitare horizontale sur laquelle on fait des slides… bref, voir photo ci-contre.
J’ai pu voir ce soir, des gens d’une humilité et d’une simplicité épatantes. Après un morceau, nouveau au répertoire visiblement, où le violoncelle eut quelque peu manqué son départ, et où le groupe recommença en échangeant quelques rires, quand vinrent les applaudissements, Emily s’excusa en souriant, expliquant en anglais qu’on venait d’assister là plus à une répétition qu’à un morceau de concert. Honnêtement, sans cet insignifiant faux départ, je n’aurais même pas remarqué.
La vie c’est des hasards, disais-je. Hier midi je n’y pensais pas. Hier soir je découvrais la programmation du Poste. Dans la foulée je découvrais que j’avais deux magnifiques albums de retard. Et ce soir, je tutoyais les anges. Qu’est ce qu’il me reste à faire ? Dire un énorme merci à celui qui a eu l’idée d’envoyer hier en fin d’après midi la newsletter du Poste. Dire un énorme merci à Emily pour sa musique merveilleuse. Vous recommander chaudement de la découvrir si ce n’est déjà fait. Et aller me coucher. Car demain est un autre jour. Et il portera comme les autres jours…
… son lot de hasards.


